Atlas

Nous sommes arrivés dans la grisaille et le vent. Et même si nous avions quitté la France par un froid polaire, nous étions un peu dépités. Nous avons donc roulé de Casablanca à Marrakech, sur une autoroute surprenante, bordée de vaches ruminantes et de troupeaux de moutons, traversée ici ou là, par des piétons plus ou moins chargés… Prudence !

Après un déjeuner rapide, composé d’un délicieux tajine, première saveur du pays, nous nous sommes attaqués à la route menant au col du tizi n’tichka, toujours dans la grisaille.

Lacet après lacet, nous avons grimpés les centaines de mètres éprouvants nous séparant du Haut Atlas.

Maroc1

Mais la récompense était au sommet (2 260 m) ! Comme par magie, le ciel bleu est apparu, les paysages métamorphosés par la lumière d’un soleil bénéfique, éclairant les contrastes de terre rouge et de champs d’un vert tendre. Tout à coup, nous nous sentions arrivés…

La route, étonnement, est devenue plus facile, traversant des paysages totalement dépaysant. Elle redescend sur le versant sud de l’Atlas à travers un paysage rocheux et tourmenté, ponctué de villages de pisé rouge. Puis elle s’élargit doucement et continuent.

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Profanes

profanesde Jeanne Bennameur

Il est des livres qui dès la première phrase vous enveloppent, vous emmènent ailleurs… Si loin, et pourtant si proche de tout ce que vous avez déjà vécu. Une sorte de voyage intérieur, un émerveillement à chaque page tournée, à chaque mot déchiffré, placé là avec évidence.

Les livres de Jeanne Bennameur ont tous sur moi ce pouvoir. Des histoires simples, et pourtant complexes en même temps, des vies vécues.

Profanes a cette magie. Cinq vies, qui comme beaucoup, ont côtoyé la mort, à un moment ou à un autre, cinq vies qui se rassemblent par le choix de l’une d’elle, cinq vies qui trouvent refuge dans une grande maison au jardin merveilleux, où se tissent des liens invisibles et puissants qui vont aidé chacun à se réconcilier avec sa vie, avec les morts qui la jalonnent…

Un vrai coup de cœur, lisez-le !

LA CAGE…

zurich_giacometti_2Giacometti à Grenoble !

Allez-y, courez-y, cette exposition vaut le déplacement…

Vous commencerez par voir cette boule, dont le mouvement imperceptible vous hypnotise, simplement suspendue au dessus d’un croissant, qui semble accompagné ce très léger mouvement de balancier. Installée dans sa « cage », dont la seule fonction n’est pas de porter l’objet, mais bien de lui définir un espace, une limite, à dépasser, ou pas, elle semble évidente, simple mais pourtant source d’imagination et de rêve…

Plus loin, vous vous laisserez impressionner par ce « Nez » qui pour moi tient plus du pistolet ou du moustique, et dont l’agressivité n’est pas sans lien avec ce percement de l’espace, du cadre, cet hors champ qui donne toute sa force à la légèreté de la « cage »…

En avançant encore, vous découvrirez LA Cage, où se côtoient deux personnages, un buste une silhouette, un homme une femme. Plus de suspension ici mais un ancrage au sol de la cage, un rapport d’échelle qui donne sa force à ce couple insolite, qui les met en scène, le regard porté au loin…

Mais là ne s’arrête pas l’exposition, même si la cage s’efface pour laisser place au socle, on la ressent encore dans les sculptures suivantes, ou homme et femmes gardent leur propre représentation, ces dernières se démultipliant, alignés comme les arbres d’une forêt, changeant d’échelle pour occuper l’espace malgré leur aspect filiforme.

Puis apparaissent les têtes, les profils devrais-je dire, tant il se découpe sur les mur blanc de l’exposition, avec puis sans socle, malaxé puis ciselé, d’inspiration croisée.

Et ne partez pas sans admirer la magnifique photographie d’Alberto Giacometti et d’Annette, sa femme, face à face, accroché par le regard… on sent comme un fil tendu entre ces deux êtres, l’espace qui vibre entre et autour d’eux comme pour chaque sculpture de l’artiste.

« Tout tient à un fil, on est toujours en péril… »

Alberto Giacometti 

Pour la beauté du texte…

Hier, sortie en famille : théâtre. Une fois n’est pas coutume, il a fallu motiver ! Un argument de poids cependant pour y arriver, une valeur sure : Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand…

Quelques surprises cependant sur cette mise en scène de Dominique Pitoiset, sur ce Cyrano interprété par Thierry Torreton.

Cyrano

Pourquoi cette grande salle blanche pavée dont les néons aveuglent, ces tables et tabourets métalliques, ce juke-box, cet évier, ce placard à balai et ce fauteuil d’hôpital ? Pourquoi cette bande d’hurluberlus, en pyjamas, pieds nus, bourrés de tics ? Pas forcément le genre de décor que l’on imagine pour ce poème de cap et d’épée… Doit-on déduire que Cyrano n’est qu’un fou parmi les fous ? Mort dans son fauteuil avant même le début de la pièce, alors que le public intrigué se demande s’il est bien réel…

Mais finalement qu’importe ! Au fur et à mesure que les mots se placent, on se laisse prendre par la magie, tant ce texte intemporel caresse nos oreilles et on en vient à oublier ce drôle de décor qui finalement donne encore plus de force à ces tirades inoubliables, celle du nez d’abord, celle du baiser ensuite et puis celle de la chronique hebdomadaire de monsieur Hercule Savinien Cyrano de Bergerac se terminant sur son dernier souffle…

http://www.mc2grenoble.fr/mc2_programme_reservation/zoom.php?spec=1614

Escapade toxique

Le hasard fait si bien les choses !

Un échange, une discussion, une association d’idée et quelqu’un vous présente quelqu’un ! Au fil de la conversation vous vous rendez compte avoir quelques points communs… et puis c’est tout ! Sauf que… Imperceptiblement de petits signes vous ramènent à cette rencontre. A l’aide d’une carte de visite d’un drôle de format, vous allez vous promener sur le net, attrapant dans vos filets quelques images séduisantes… Et puis vous les partagez… Vous allez déjeuner au Détour d’un bistrot et vous retombez sur ces mêmes images, avec leur univers si particulier. Alors vous avez envie de les faire découvrir à d’autres !

Tout simplement, je vous propose une petite escapade pas si toxique que son nom l’indique pour admirer ces instantanés de paysage urbain abandonné.

« Suivre un pèlerinage urbain, c’est redécouvrir des lieux privés de sens et déshumanisés. » Thomas MANIAQUE

http://www.escapade-toxique.com/#!collections/c48u

Paris

1987  –  2013

Il faut bien avouer que dans le palmarès des villes que j’ai eu la chance de découvrir, Paris occupe la première position et une place toute particulière dans mon cœur. Ville aux mille visages dans laquelle il est si facile de voyager ! … Je ne sais si, à long terme, je pourrais vivre le quotidien effréné de notre grande capitale, « Paris qui court, déshumanisée, froide, Paris béton, métropole boulot-dodo » comme certains la définissent. Mais j’aime y séjourner.

Vivre Paris en flâneur, en promeneur. Prendre le temps de le sentir, avoir le privilègee de le connaitre petit à petit. Ma découverte de Paris est loin d’être finie même si mon approche a déjà été longue mais épisodique, et continue encore aujourd’hui. Chaque fois que j’y reviens, j’ai l’impression de le redécouvrir, et je l’admire me présenter un nouveau visage. Vaste et multiple. Je n’ai jamais vécu Paris avec un guide, les yeux rivés à ma montre pour « tout voir ». J’ai vécu Paris comme on vient revoir un vieil ami. J’ai essayé de prendre, comme tout vrai parisien, les grands édifices comme points de repère de trajets répétés, sans les considérer comme des passages obligés. J’ai déambulé dans Paris au rythme de mes pas, faisant des détours, m’arrêtant devant un détail banal : impressions d’instants fugaces, souvenir d’escale, de mystère, parfois même d’exotisme. Et j’ai flâné dans des quartiers « sans nom » juste pour le plaisir de marcher… Lire la suite

Les désorientés

d’Amin Maalouf

Les désorientésUn coup de téléphone peut faire chavirer une vie… Le personnage central de ce roman cède à la requête d’un « ancien » ami qui l’appelle à son chevet, l’obligeant pour cela à un retour au pays, quitté dans l’agitation d’une guerre à laquelle il ne voulait pas participer. Bien des années plus tard, ce retour au source de leur amitié le pousse à avoir un regard lucide sur leur groupe d’amis qui rêvait d’un monde meilleur et qui s’est pourtant dispersé, brouillé, perdu de vue. A travers cette quête des souvenirs, du passé, il se rend compte du lien qui les unissait et veut reformer, pour quelques heures au moins, leur petite assemblée. Chaque membre du groupe a cependant pris son chemin, a fait ses choix, vis à vis du pouvoir, de l’argent et de la foi, que ce soit le richissime entrepreneur ou celui qui a tout abandonné pour vivre dans un monastère perdu de la montagne, que ce soit le fanatique ou celui qui tolère chaque religion, vont-ils pouvoir recréer l’intimité jadis si forte ? Regard nostalgique sur un monde qui n’est plus, qui disparait peu à peu chaque jour, sur un pays qu’il aime malgré tout, malgré les affrontements récurrents, malgré la coexistence des religions, malgré le télescopage des traditions et des cultures !

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