Féérie

Chaque année à la même date, à l’heure où notre patriotisme se régale de festivité, je me redis la chance qu’a Grenoble d’avoir accueilli en 1925 l’exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, et à cette occasion, d’avoir sollicité l’architecte et entrepreneur Auguste Perret, précurseur du béton armé. Etant l’un des berceaux de la cimenterie française -qui ne connait pas les entreprises Vicat ? – la ville possède en toute logique au cœur de son parc Mistral un objet de mise en scène absolument fabuleux.

Bien sûr on peut s’enorgueillir que ce soit la première tour en béton armé du monde, haute de près de 100m, seul vestige de cette exposition, on peut saluer la prouesse technique de l’époque, moderne et précise, on peut regretter aujourd’hui, et depuis plus de 50 ans (!), qu’elle soit fermée au public, faute d’entretien et de restauration… Mais chaque 14 juillet depuis une bonne dizaine d’années maintenant, elle est à la focale de tous les regards, digne au centre de mille étoiles, éclatant au rythme de la musique. Tiré de tous les étages et du sol, le feu d’artifice nous offre chaque année une nouvelle mise en lumière de ce signal grenoblois, le rendant magique, même si cette année la musique était inaudible ! Dommage et surement un peu frustrant pour les musiciens talentueux installés sur la scène.

montageEspérons cependant que ce moment de magie n’endommage pas plus l’édifice… Espérons également que la ville prenne enfin soin de ce patrimoine culturel de prix et songe à le réhabiliter. Une souscription semble au goût du jour… gageons que les citoyens soient alors touché et s’impliquent à leur mesure dans la remise en état de ce qui pourrait devenir un formidable outil de mise en valeur de la ville.

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Oscar et la courbe…

CathBrasilia« Un architecte doit savoir dessiner et écrire »

Oscar Niemeyer

Pour l’architecte que je suis, certaines villes sont mythiques et je rêve de les découvrir. Elles sont chacune indissociables d’un grand nom de l’architecture… Chicago, pour les maisons de Franck Lloyd Wright, Chandigarh, véritable expérience architecturale et urbanistique imaginée par Le Corbusier et Brasilia, enfin, dont les bâtiments phare ont été conçu et dessinés par Oscar Niemeyer, dernier à faire sa révérence…

L’architecture vient ainsi de perdre le dernier survivant des précurseurs de la modernité du XX° siècle, une de ses personnalités les plus emblématiques. Il a tout au long de sa longue vie (104 ans !) et sans relâche consacré son énergie à l’architecture, a toujours su utiliser les techniques modernes d’une façon créative et actuelle. Poète du béton, dont l’appétit pour la vie, la beauté et la justice, a fait de lui un architecte hors norme.

Alors qu’il se nomme Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, on le connait seulement sous ce nom de Niemeyer dont la consonance étonne pour ce brésilien amoureux des courbes de son pays, celles des montagnes de Rio, celles des cours des fleuves, celles du corps des femmes… Ces courbes libres et sensuelles que l’on retrouve dans son architecture. Il affirmait ainsi « l’architecture est faite de songes, de fantaisie, de courbes et de grands espaces libres (…) une manifestation de l’esprit, de l’imagination et de la poésie »

Et il est vrai que l’on s’évade rien qu’en regardant ses croquis au trait épais mais sûrs, d’une simplicité incroyable, et où pourtant figure toute la complexité du bâtiment futur.

Précisions…

Je me suis présentée rapidement à l’ouverture de ce blog… Je chemine depuis ce jour avec et sans vous !

Pour être un peu plus loquace, j’ai mon diplôme d’architecte depuis bientôt 20 ans. J’ai fait ces études parce que j’étais réellement intéressée par l’architecture, en tant que créatrice de lieu de vie, de lien social, d’espace urbain. Après ces études passionnantes, pendant lesquelles j’ai voyagé, au sens très large du terme, propre et figuré, je me suis tout naturellement orienté vers l’urbanisme, dans lequel je retrouvai cette dimension de lien, de vie, d’échange.

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Mémorial de la Déportation, Paris, Ile de la Cité

J’ai un jour eu connaissance de ce lieu caché… Et soudain il m’est apparu urgent de le découvrir, au plus vite. J’ai gagné l’Ile de la Cité, cœur de Paris cerné par la Seine,  j’ai longé Notre-Dame, rapidement, comme aspirée, mon regard dirigé vers cette pointe mystérieuse, essayant d’apercevoir un signe annonciateur… Mais rien.

J’ai alors atteint la grille du square de l’île de France et, tout à coup, toute précipitation a disparu. Les quatre chiffres, un, neuf, quatre, cinq, m’ont sauté aux yeux comme une sorte d’avertissement, de rappel. J’ai alors doucement tiré la grille et suis entrée dans ce petit jardin où le calme régnait déjà. Ce silence, cette pierre blanche sous le soleil…. J’ai jeté un dernier regard sur Paris avant de m’enfoncer dans cet espace indicible, fait de murs nus, d’ouvertures vers le ciel et vers l’eau, d’une crypte…

Deux escaliers… Hésitation…

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Rencontre surprise… avec la tour Einstein

Malgré un trajet long et éprouvant, partis de Metz en bus pour rejoindre Berlin, nous ne pouvions passer à Postdam, où se trouve la tour Einstein, sans nous arrêter. Oeuvre de l’architecte Erich Mendelsohn, sur lequel j’avais fait un exposé quelques temps auparavant, je m’étais fait une image de cette tour au contour rebondi… Avec quelle impatience, en tête du groupe, n’ai-je pas grimpé à la recherche de ce monument de l’expressionnisme.

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