Détective (Antivol…suite !)

Chose promise, chose due ! J’en sais plus sur le créateur de ces drôles d’oiseaux, mais pas que !… J’ai croisé aussi une chèvre… impressionnante ! Rouge pour tout vous dire, perché dans le chemin Charles Pajon, dominant la route et la vallée… Et puis j’ai mené l’enquête : il y a aussi des girafes, des pingouins, tout un bestiaire coloré et amusant !

panorama

L’auteur de ces facéties ? Jérôme Bayet, un grand enfant on dirait qui aime travailler avec les petits. C’est par son intervention à l’école maternelle que ses œuvres se trouvent ainsi disséminé dans la commune.

Plasticien, mais aussi imprimeur, architecte, designer… Sa première œuvre a pris naissance au Mexique et c’est vrai que pour qui a un peu voyagé dans ce pays ou en Amérique du sud, papier mâché et couleur y sont roi !

Et j’aurai envie d’ajouter conteur ! Ses drôles de bestioles nous font rêver, sourire, parler. Leur couleur, vive et franche, attire l’œil et ne le lâche plus. Elle nous parle de notre enfance, de leur voyage, de leur vie.

Antivol… n’est plus au sol !

antivolQuand vous grimpez l’avenue de la Condamine à Corenc, si vous prenez le temps, levez le nez en l’air et vous remarquerez de drôles d’oiseaux colorés nichés en haut des lampadaires.

Je ne sais pas d’où ils viennent, s’ils migrent et que ce n’est qu’une étape pour eux, ou s’ils ont élus domicile ici. En tout cas ils me font sourire à chaque passage, me rappel ce pauvre Antivol, l’oiseau au sol qui a bercé mon enfance au creux de l’ile aux enfants ! Rose, Bleu, Jaune, Orange je n’ai pas noté toutes les couleurs, en tout cas merci à leur créateur !

Si j’en apprends plus sur lui, sur le pourquoi du comment, promis je vous tiens au courant !

Tokyo

Il y a quelques mois, je vous avais parlé d’une rencontre où le hasard avait œuvré. J’avais évoqué ses escapades toxiques et ses pèlerinages urbains, mais surtout les images qu’il en ramène révélant un univers bien à lui.

Cette fois-ci il nous révèle Tokyo, nous ouvre des fenêtres sur cette ville pleine de paradoxes, une ville qui a capté son regard de photographe (entre autre !). Je ne connais ni le Japon, ni cette immense capitale mais j’ai l’impression d’y avoir fait un voyage en regardant cette exposition. Entre ombre et lumière, couleurs et nuances de gris, béton et plastique, néon et fil électrique, building et parc, métro et échangeurs, propreté et chaos…

Une belle invitation au voyage que vous pouvez admirer au Détour d’un déjeuner dans ce petit bistrot où on sait ce que accueil veut dire…

(Le Détour – 7 place Championnet  38000 Grenoble)

Et si vraiment vous ne pouvez-vous déplacer, alors je vous livre l’adresse où vous pourrez aussi admirer ces clichés.

http://www.archicom4.com/#!tokyo-concrete/c11xo

Bonne escapade !

Hagondange

Souvenez-vous : je vous ai parlé, il y a quelques temps, de Thomas et de ses « escapades toxiques »… Si elles m’ont tant touchées c’est que moi aussi j’ai une tendresse particulière pour ces sites abandonnés des hommes qui ouvrent parfois des horizons incroyablement neufs.

Cela remonte au printemps 1992, un voyage hors du temps réalisé dans la cimenterie d’Hagondange, en Lorraine. Menacée par les bulldozers, ce site vétuste, pourtant dépositaire de trésors graphiques et architecturaux, m’était apparu comme magique, créateurs de mondes parallèles. Exploration à la limite du permis, ce lieu mystérieux, comme en attente, a provoqué des sensations et émotions inoubliables. N’ayant pas jusque là d’attirance particulière pour les friches industrielles, j’avais la sensation de me lancer dans une nouvelle aventure sans imaginer la séduction que la cimenterie allait avoir sur moi.

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Rhinocéros

Rhinocérosd’Eugène Ionesco

Pas l’animal sauvage non ! Mais bien la pièce de théâtre, jouée actuellement à la MC2 à Grenoble. Texte difficile, parfois absurde, mais que l’on pourrait résumer comme le récit d’une épidémie de « rhinocérite », sorte de maladie qui fait tomber toutes les résistances, met en avant les comportements grégaires, les phénomènes de mode. Bérenger, traité au début comme naïf et inadapté à la vie en société, peurreux, est finalement le seul à résister, à décider de ne pas rentrer dans le rang, à avoir le courage de rester humain face à la sauvagerie des rhinocéros.

Beaucoup d’interprétations possible pour cette fable, magnifiée ici par une mise en scène élégante et sobre, servie par des acteurs fabuleux, sans parler des lumières subtiles et magiques. Quatre tableaux au décor efficace, de la terrasse de café, au bureau avec ses employés, puis au domicile de Jean, avant la solitude de la chambre de Bérenger. Tout est beau : l’éclairage, les couleurs, les constructions en bois secouées par le passage des rhinocéros, éclairées avec art…

Un très beau moment de théâtre, vraiment, qui permet d’aborder avec délice ce texte ardu !

http://www.mc2grenoble.fr/mc2_programme_reservation/zoom.php?spec=1618

Doisneau

Que faire de ces jours pluvieux ? Comment remplir ce week-end automnal de ce mois de mai ?

Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous conseille un petit détour par le musée de l’ancien évêché à Grenoble, pour aller vous plonger dans l’univers frais, simple et rempli d’humour de Robert Doisneau.

L’exposition sur « ses » Alpes, prolongée jusqu’à la fin de l’été, vous entraîne pour commencer dans ces paysages désuets de la première moitié du XX°siècle. Vous sourirez devant les tenues des skieurs, leurs lunettes en particulier, leurs skis aussi, à des années lumières de ceux qu’on utilise aujourd’hui. Vous admirerez l’élégance des femmes, leurs cols apprêtés sur des pulls ajustés. Mais vous serez surtout séduits par la justesse des cadrages, l’évidence de la prise de vue, l’émotion que provoque chaque cliché.

Prenant les Alpes comme décor, il révèle à travers les différents reportage son esprit de dérision avec certaines photos de ses vacances à Laffrey ou encore ses mises en scène du violoncelliste Baquet sur la mer de glace ou au pied du Mont Blanc. Ses reportages à Grenoble ou à Saint Véran révèle un autre visage du photographe, celui de l’homme attentif aux « petites gens » à l’authenticité de leur vie. Et comme un bouquet final ce reportage sur la transhumance d’un troupeau entre le Var et le Mercantour, où l’on sent toute le plaisir de l’homme à suivre les moutons dans ces vastes espaces.

Et s’il ne fallait retenir que deux photos, ce serait celle du petit Pierre, endormi avec ses skis, qui, même si elle a promu l’exposition, garde son charme et sa candeur… Et puis celle de cette moto filant dans les alpages, chargée de ses trois occupants : un chauffeur, un enfant, un chien, se découpant sur un ciel nuageux… Une sensation de voyage, de vitesse, tout en admirant, en savourant le site… On a qu’une envie : les rejoindre et partir avec eux vers d’autres horizons !

LA CAGE…

zurich_giacometti_2Giacometti à Grenoble !

Allez-y, courez-y, cette exposition vaut le déplacement…

Vous commencerez par voir cette boule, dont le mouvement imperceptible vous hypnotise, simplement suspendue au dessus d’un croissant, qui semble accompagné ce très léger mouvement de balancier. Installée dans sa « cage », dont la seule fonction n’est pas de porter l’objet, mais bien de lui définir un espace, une limite, à dépasser, ou pas, elle semble évidente, simple mais pourtant source d’imagination et de rêve…

Plus loin, vous vous laisserez impressionner par ce « Nez » qui pour moi tient plus du pistolet ou du moustique, et dont l’agressivité n’est pas sans lien avec ce percement de l’espace, du cadre, cet hors champ qui donne toute sa force à la légèreté de la « cage »…

En avançant encore, vous découvrirez LA Cage, où se côtoient deux personnages, un buste une silhouette, un homme une femme. Plus de suspension ici mais un ancrage au sol de la cage, un rapport d’échelle qui donne sa force à ce couple insolite, qui les met en scène, le regard porté au loin…

Mais là ne s’arrête pas l’exposition, même si la cage s’efface pour laisser place au socle, on la ressent encore dans les sculptures suivantes, ou homme et femmes gardent leur propre représentation, ces dernières se démultipliant, alignés comme les arbres d’une forêt, changeant d’échelle pour occuper l’espace malgré leur aspect filiforme.

Puis apparaissent les têtes, les profils devrais-je dire, tant il se découpe sur les mur blanc de l’exposition, avec puis sans socle, malaxé puis ciselé, d’inspiration croisée.

Et ne partez pas sans admirer la magnifique photographie d’Alberto Giacometti et d’Annette, sa femme, face à face, accroché par le regard… on sent comme un fil tendu entre ces deux êtres, l’espace qui vibre entre et autour d’eux comme pour chaque sculpture de l’artiste.

« Tout tient à un fil, on est toujours en péril… »

Alberto Giacometti 

Pour la beauté du texte…

Hier, sortie en famille : théâtre. Une fois n’est pas coutume, il a fallu motiver ! Un argument de poids cependant pour y arriver, une valeur sure : Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand…

Quelques surprises cependant sur cette mise en scène de Dominique Pitoiset, sur ce Cyrano interprété par Thierry Torreton.

Cyrano

Pourquoi cette grande salle blanche pavée dont les néons aveuglent, ces tables et tabourets métalliques, ce juke-box, cet évier, ce placard à balai et ce fauteuil d’hôpital ? Pourquoi cette bande d’hurluberlus, en pyjamas, pieds nus, bourrés de tics ? Pas forcément le genre de décor que l’on imagine pour ce poème de cap et d’épée… Doit-on déduire que Cyrano n’est qu’un fou parmi les fous ? Mort dans son fauteuil avant même le début de la pièce, alors que le public intrigué se demande s’il est bien réel…

Mais finalement qu’importe ! Au fur et à mesure que les mots se placent, on se laisse prendre par la magie, tant ce texte intemporel caresse nos oreilles et on en vient à oublier ce drôle de décor qui finalement donne encore plus de force à ces tirades inoubliables, celle du nez d’abord, celle du baiser ensuite et puis celle de la chronique hebdomadaire de monsieur Hercule Savinien Cyrano de Bergerac se terminant sur son dernier souffle…

http://www.mc2grenoble.fr/mc2_programme_reservation/zoom.php?spec=1614

Escapade toxique

Le hasard fait si bien les choses !

Un échange, une discussion, une association d’idée et quelqu’un vous présente quelqu’un ! Au fil de la conversation vous vous rendez compte avoir quelques points communs… et puis c’est tout ! Sauf que… Imperceptiblement de petits signes vous ramènent à cette rencontre. A l’aide d’une carte de visite d’un drôle de format, vous allez vous promener sur le net, attrapant dans vos filets quelques images séduisantes… Et puis vous les partagez… Vous allez déjeuner au Détour d’un bistrot et vous retombez sur ces mêmes images, avec leur univers si particulier. Alors vous avez envie de les faire découvrir à d’autres !

Tout simplement, je vous propose une petite escapade pas si toxique que son nom l’indique pour admirer ces instantanés de paysage urbain abandonné.

« Suivre un pèlerinage urbain, c’est redécouvrir des lieux privés de sens et déshumanisés. » Thomas MANIAQUE

http://www.escapade-toxique.com/#!collections/c48u

Opéra

Il y a quelques jours, j’ai fait un long voyage… un peu contre ma volonté, surtout pour lui faire plaisir ! Je lui ai offert des billets pour le « Met » (Metropolitan Opéra of New York) et non rassurez vous je n’ai pas cassé la tirelire pour l’emmener de l’autre côté de l’atlantique, juste des billets pour la retransmission en salle… Rien que ça, c’est un voyage ! Penser que 3 millions de personnes dans le monde regardent la même chose au même moment !… ah les merveilles des nouvelles technologies. Avant la représentation, les caméras filment la salle et vous pouvez détailler, un peu comme si vous y étiez, le public installé dans les fauteuils de velours rouges. Puis une « présentatrice », dans son américain fluide et enthousiaste, vous présente l’œuvre que vous allez découvrir, son auteur, les interprètes…Elle a cette façon exquise de prononcer « les troyens » et c’est là, au détour d’une phrase approximativement comprise, que vous comprenez que l’Opéra va durer 5h30 ! Il est 18h, vous n’avez pas diné (erreur de débutant !)…il va falloir que le spectacle en vaille le coup !

Heureusement, la représentation est à la hauteur de sa réputation, la musique de Berlioz est sublime, les voix exceptionnelles et la mise en scène grandiose. Même si la première partie peut vous sembler un peu longue, un peu sombre, la suite est une merveille où se mêlent les voix et les corps, entre chorale et ballet… Les entractes sont comblées par des interviews, des promenades dans les coulisses, des images de l’envers du décors…

Je vous mentirais si j’affirmais avoir tout vu, (il semble en effet que j’ai quelque peu dormi !) mais c’est une superbe manière de découvrir l’opéra avec la garantie d’admirer la crème de la crème des protagonistes de ce milieu.