Opéra de Lyon : là où le noir est roi…

La Rivière aux courlis

Il est parfois intéressant d’aller découvrir une œuvre à l’aveugle. Et c’est ce que nous avons fait samedi soir. Et nous étions dans le noir total !

Déjà au sein de cet objet architectural créé par Jean Nouvel. Tout y est noir, quelques touches de rouge, un peu de métal, des diodes… Des volumes envahissants, des sensations vertigineuses, un plafond oppressant, des sièges durs et trop hauts… Comme si l’objectif était de vous mettre dans l’inconfort.

Ensuite cette œuvre musicale finalement comme écrite pour ce jouer là, en harmonie avec le lieu : un décor noir où de fines lames de miroir perturbent votre perception de l’espace, de la hauteur pour les musiciens, une sensation de vide, des chanteurs en noir, un visage rouge l’autre blanc, une touche métallique dans le manteau du voyageur, une histoire de folie, de mort, de passeur, une musique quasi de chambre qui se contente de dialoguer avec les choristes dont les voix sont là pour toucher, presque sans éclat.

Curlew River, opéra de la seconde moitié du XX° siècle de Benjamin Britten, dont je l’avoue je n’avais jamais entendu parler jusque-là, est une œuvre difficile pour un néophyte, sorte de parabole sur le passage d’un pays de l’est à un autre à l’ouest par le biais d’une rivière, histoire d’une mère éplorée et devenue folle suite à l’enlèvement de son fils… Encore un aveu, je n’ai pas trouvé le sens caché de l’histoire. Et si j’ai aimé les cœurs d’hommes, en particulier en latin, et surtout la voix cristalline de l’enfant qui semble alléger l’ensemble, j’étais heureuse que l’Opéra ne dure qu’une heure quinze !

Ce voyage dans les ténèbres, que ce soit de l’architecture ou de l’œuvre musicale a eu juste la durée pour ne pas devenir trop oppressant et rester culturellement intéressant.

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Un beau matin… Aladin

D’après les contes des mille et une nuits, du 19 au 22 mars à la MC2

Réalisé par Matèj Forman

Raconté par Agnès Sourdillon

AladinDès la lumière éteinte, dès la première note de musique la féerie s’installe. Des lanternes, que l’on a envie de dire magiques, se promènent sur scène et au-dessus du public, éclairant de leur lumière diffuse des mains qui se tendent pour les effleurer. On se retrouve instantanément plongé dans un monde magique fait d’ombre et de lumière, de personnages réels et de marionnettes, de plume et de légèreté. La musique s’atténue et une voix à la tonalité envoûtante commence le récit. Elle nous captive avec une note d’humour et quelques anecdotes connues de tous, et puis elle nous entraîne au pays du roi devenu fou, au pays de Shéhérazade qui captiva ce roi, au pays d’Aladin, au pays des dromadaires et du sable chaud.

Ce voyage en Orient, animé par les marionnettes aux expressions si humaines, par les décors faits de voiles soulevés par l’air chaud est une véritable parenthèse onirique. Le récit a pourtant la force des contes qui sous leur caractère anodin révèle la sagesse de ceux qui ont vécu.

Le spectacle se joue jusqu’à samedi… Si vous avez l’occasion allez voyager !

En Quête d’Art

Quelques amis bien attentionnés m’ont offert un bon pour… une « œuvre d’art » !

Je me suis donc retrouvée en quête de la perle rare, et activée pour dénicher ce trésor. J’ai suivi leurs conseils, fouiné ici où là, ouvert grand mes yeux et mes oreilles ce qui a occasionné de belles rencontres et de jolis clin d’œil !

J’ai commencé mon voyage avec Juliette Lemontey dont j’ai été admirer les œuvres à la librairie du Square à Grenoble. Des portraits sans visage, on dirait de l’encre de chine, un trait proche de la calligraphie, du noir, du gris du blanc, quelques touches de rouge… Du silence, comme une absence… Un certain regard mais pas de coup de foudre…

Ma deuxième étape s’est faite sur la toile, sur le site d’Ophélie Vaganay. Pour le coup la couleur explose sur ces tableaux, on ressent la matière, l’épaisseur de la peinture à l’huile. Les tons sont acidulés, vivants, francs, chauds. Comme une sorte d’objectif, ses pinceaux saisissent des instants fugaces : un rayon de soleil sur un sommet, l’ombre d’un arbre sur la mer, une scène de marché… mais toujours pas de coup de foudre !

Je suis allée ensuite me promener sur le site de Valérie Guilaumé, dont je connais certaines œuvres installées chez des amis. Elle dompte l’acier pour créer, le plie, le roule, le perce, le découpe… Selon le traitement qu’elle lui fait subir, l’histoire est différente, la matière se révèle. Meubles, luminaires, sculptures, une grande diversité, plusieurs univers caractérisent cette artiste… pour aller plus loin il aurait fallu la rencontrer, se raconter, chercher aussi où l’acier aurait pu trouver sa place… Cela ne s’est pas fait !

pouleJ’ai également rencontré Jerome Bayet, auteur des sculptures (oiseau, chèvre, girafe…) qui parsème Corenc en ce moment et qui est tout aussi sympathique que ces œuvres le laisse présager ! J’ai été admirer quelques-unes de ses œuvres exposées à Voiron à la galerie Place à l’Art, ce qui m’a permis de découvrir d’autres artistes tout aussi talentueux… J’ai finalement acheté une de ses drôles de poules mais pour l’offrir à qui rêve d’avoir un poulailler ! Le clin d’œil m’a amusé…

Et puis j’ai échangé avec l’une, avec l’autre… Et d’autres passerelles sont apparues. J’ai pris contact avec une artiste basée à Paris, Blandine Deny, dont j’ai eu l’occasion de voir certaines sculptures. Après une balade sur son site, où certaines œuvres m’avaient tapé dans l’œil, nous avons pu échanger au téléphone avec beaucoup de plaisir. Et même si elle s’est avérée être originaire de Voiron, son atelier en région parisienne ne me permettait pas d’aller voir de visu ce qui m’avait séduit sur l’écran… Cela ne s’est donc pas concrétisé ici non plus mais je garde précieusement ses coordonnées.

SilenceEnfin, je suis entrée en contact avec une artiste de Chartreuse, Marie Montagnat Ponsar, dont « la peinture se nourrit chaque jour des moments précieux de l’existence », suis allée dans son atelier à Crolles, et là, ai eu un coup de foudre ! Pour sa maitrise de la couleur d’abord, de la lumière, du mouvement. Pour cette spontanéité que l’on sent dans ses toiles. Pour son univers, sa franchise, son accueil, ce moment partagé en toute simplicité.

Pour une toile enfin qui se nomme « silence »…

Détective (Antivol…suite !)

Chose promise, chose due ! J’en sais plus sur le créateur de ces drôles d’oiseaux, mais pas que !… J’ai croisé aussi une chèvre… impressionnante ! Rouge pour tout vous dire, perché dans le chemin Charles Pajon, dominant la route et la vallée… Et puis j’ai mené l’enquête : il y a aussi des girafes, des pingouins, tout un bestiaire coloré et amusant !

panorama

L’auteur de ces facéties ? Jérôme Bayet, un grand enfant on dirait qui aime travailler avec les petits. C’est par son intervention à l’école maternelle que ses œuvres se trouvent ainsi disséminé dans la commune.

Plasticien, mais aussi imprimeur, architecte, designer… Sa première œuvre a pris naissance au Mexique et c’est vrai que pour qui a un peu voyagé dans ce pays ou en Amérique du sud, papier mâché et couleur y sont roi !

Et j’aurai envie d’ajouter conteur ! Ses drôles de bestioles nous font rêver, sourire, parler. Leur couleur, vive et franche, attire l’œil et ne le lâche plus. Elle nous parle de notre enfance, de leur voyage, de leur vie.

Antivol… n’est plus au sol !

antivolQuand vous grimpez l’avenue de la Condamine à Corenc, si vous prenez le temps, levez le nez en l’air et vous remarquerez de drôles d’oiseaux colorés nichés en haut des lampadaires.

Je ne sais pas d’où ils viennent, s’ils migrent et que ce n’est qu’une étape pour eux, ou s’ils ont élus domicile ici. En tout cas ils me font sourire à chaque passage, me rappel ce pauvre Antivol, l’oiseau au sol qui a bercé mon enfance au creux de l’ile aux enfants ! Rose, Bleu, Jaune, Orange je n’ai pas noté toutes les couleurs, en tout cas merci à leur créateur !

Si j’en apprends plus sur lui, sur le pourquoi du comment, promis je vous tiens au courant !

Tokyo

Il y a quelques mois, je vous avais parlé d’une rencontre où le hasard avait œuvré. J’avais évoqué ses escapades toxiques et ses pèlerinages urbains, mais surtout les images qu’il en ramène révélant un univers bien à lui.

Cette fois-ci il nous révèle Tokyo, nous ouvre des fenêtres sur cette ville pleine de paradoxes, une ville qui a capté son regard de photographe (entre autre !). Je ne connais ni le Japon, ni cette immense capitale mais j’ai l’impression d’y avoir fait un voyage en regardant cette exposition. Entre ombre et lumière, couleurs et nuances de gris, béton et plastique, néon et fil électrique, building et parc, métro et échangeurs, propreté et chaos…

Une belle invitation au voyage que vous pouvez admirer au Détour d’un déjeuner dans ce petit bistrot où on sait ce que accueil veut dire…

(Le Détour – 7 place Championnet  38000 Grenoble)

Et si vraiment vous ne pouvez-vous déplacer, alors je vous livre l’adresse où vous pourrez aussi admirer ces clichés.

http://www.archicom4.com/#!tokyo-concrete/c11xo

Bonne escapade !

Hagondange

Souvenez-vous : je vous ai parlé, il y a quelques temps, de Thomas et de ses « escapades toxiques »… Si elles m’ont tant touchées c’est que moi aussi j’ai une tendresse particulière pour ces sites abandonnés des hommes qui ouvrent parfois des horizons incroyablement neufs.

Cela remonte au printemps 1992, un voyage hors du temps réalisé dans la cimenterie d’Hagondange, en Lorraine. Menacée par les bulldozers, ce site vétuste, pourtant dépositaire de trésors graphiques et architecturaux, m’était apparu comme magique, créateurs de mondes parallèles. Exploration à la limite du permis, ce lieu mystérieux, comme en attente, a provoqué des sensations et émotions inoubliables. N’ayant pas jusque là d’attirance particulière pour les friches industrielles, j’avais la sensation de me lancer dans une nouvelle aventure sans imaginer la séduction que la cimenterie allait avoir sur moi.

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