Paris

1987  –  2013

Il faut bien avouer que dans le palmarès des villes que j’ai eu la chance de découvrir, Paris occupe la première position et une place toute particulière dans mon cœur. Ville aux mille visages dans laquelle il est si facile de voyager ! … Je ne sais si, à long terme, je pourrais vivre le quotidien effréné de notre grande capitale, « Paris qui court, déshumanisée, froide, Paris béton, métropole boulot-dodo » comme certains la définissent. Mais j’aime y séjourner.

Vivre Paris en flâneur, en promeneur. Prendre le temps de le sentir, avoir le privilègee de le connaitre petit à petit. Ma découverte de Paris est loin d’être finie même si mon approche a déjà été longue mais épisodique, et continue encore aujourd’hui. Chaque fois que j’y reviens, j’ai l’impression de le redécouvrir, et je l’admire me présenter un nouveau visage. Vaste et multiple. Je n’ai jamais vécu Paris avec un guide, les yeux rivés à ma montre pour « tout voir ». J’ai vécu Paris comme on vient revoir un vieil ami. J’ai essayé de prendre, comme tout vrai parisien, les grands édifices comme points de repère de trajets répétés, sans les considérer comme des passages obligés. J’ai déambulé dans Paris au rythme de mes pas, faisant des détours, m’arrêtant devant un détail banal : impressions d’instants fugaces, souvenir d’escale, de mystère, parfois même d’exotisme. Et j’ai flâné dans des quartiers « sans nom » juste pour le plaisir de marcher… Lire la suite

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Les désorientés

d’Amin Maalouf

Les désorientésUn coup de téléphone peut faire chavirer une vie… Le personnage central de ce roman cède à la requête d’un « ancien » ami qui l’appelle à son chevet, l’obligeant pour cela à un retour au pays, quitté dans l’agitation d’une guerre à laquelle il ne voulait pas participer. Bien des années plus tard, ce retour au source de leur amitié le pousse à avoir un regard lucide sur leur groupe d’amis qui rêvait d’un monde meilleur et qui s’est pourtant dispersé, brouillé, perdu de vue. A travers cette quête des souvenirs, du passé, il se rend compte du lien qui les unissait et veut reformer, pour quelques heures au moins, leur petite assemblée. Chaque membre du groupe a cependant pris son chemin, a fait ses choix, vis à vis du pouvoir, de l’argent et de la foi, que ce soit le richissime entrepreneur ou celui qui a tout abandonné pour vivre dans un monastère perdu de la montagne, que ce soit le fanatique ou celui qui tolère chaque religion, vont-ils pouvoir recréer l’intimité jadis si forte ? Regard nostalgique sur un monde qui n’est plus, qui disparait peu à peu chaque jour, sur un pays qu’il aime malgré tout, malgré les affrontements récurrents, malgré la coexistence des religions, malgré le télescopage des traditions et des cultures !

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Yogyakarta

août 2012

             La première chose qui m’a frappé en débarquant dans cette ville, c’est une nuée de « moustiques » ! Non pas ses horribles petits insectes qui vous sucent le sang mais des deux roues en nombre, surnommés ainsi à cause de leur profil pointu. Il faisait nuit, nous étions quelque peu hagards, et cette horde de mobylette autour du taxi nous a tous frappés, après un long, très long trajet ! Jugez plutôt : un train (2h), de l’attente dans un aéroport (4h), un premier vol de 12 heures, encore de l’attente (2h), cette fois ci à Hong Kong (déjà assez dépaysant !), un deuxième vol de 5 heures, de l’attente toujours cette fois ci à Jakarta (4h), là le voyage commence (!), un troisième vol et l’arrivée enfin à l’hôtel après un trajet en taxi au milieu de ces « moustiques » ! Partis le dimanche matin de France, arrivés lundi soir heure locale, nos cerveaux engourdis n’ont pas vraiment réussi à comptabiliser les heures passées dans les transports !

Peu importe ! Nous y étions ! Il a suffi d’un repas et d’une nuit pour se trouver à peu près calés, et démarrer notre découverte de ce vaste pays par une balade dans cette ville, extrêmement calme nous a-t-on dit en cette période de Ramadan ! Je n’ose imaginer ce que la circulation donne quand la ville est en pleine activité ! Assis dans nos « Beçak », sorte de tricycle tracté à la force des mollets d’indonésiens musclés, nous ne nous sentions pas en totale sécurité au milieu des autres véhicules ! Mais le pittoresque de la balade valait bien ce léger stress.

Yogyakarta

            Du palais du Kraton aux bains royaux, de la fabrique de marionnettes au marché aux oiseaux, du Warung typique (petite cantine locale !) à la fabrique de batik, nous avons déambulé dans la ville en vacances, savourant ses premiers contacts avec le peuple indonésien. Complétée par une promenade vers le marché et une déambulation aux milieux des étals divers et variés, nous avons eu un aperçu quasi complet de la ville, de sa température et de son ambiance. Ici point de building, l’horizontalité de la ville, son étendue frappe au premier coup d’œil. Pas non plus d’espace public emblématique, de monument repère, d’architecture grandiose mais une succession de boutiques en rez de chaussée surmontées de un ou deux niveaux. Un premier contact avec le pays, en particulier avec l’île de Java, un point de départ pour partir à la découverte du reste de l’île…

Un peu de bois et d’acier

CHABOUTE

ChaboutéEt énormément de poésie ! Entourée de bédéphile, le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas une grande lectrice de ce genre d’ouvrage… Et pourtant, il arrive que l’on y fasse des rencontres hors du commun. Dans ce monde de bulle, j’ai eu un vrai coup de foudre pour cet auteur qui n’en met aucune !

A l’aide de son crayon et de sa plume, il révèle par une succession de dessin, simple en apparence, un panel d’émotion incroyable. Un peu de bois et d’acier, c’est l’histoire d’un banc public, où tout un chacun peut venir faire une pause, depuis les deux adolescents venus graver leur amour dans le bois jusqu’à cette dame qui lit, de ce couple âgé qui jour après jour vient y partager un gâteau au jeune garçon qui s’en sert de rampe de skate… Chacun l’utilise à sa manière, son rythme, selon ses besoins, du policier qui le surveille jusqu’à l’employé municipal qui l’entretien avec délicatesse.

Un lieu de rencontre, « un répit, un instant, une pause…un abri, un havre, un refuge…une scène…un carrefour…juste un peu de bois et d’acier » comme le décrit l’éditeur. Un réceptacle d’histoires et de sentiments, un lieu de mémoire auquel on s’attache jusqu’à le racheter à un brocanteur !

Histoire simple sans parole, qui sollicite notre imagination et nous laisse finalement attaché et ému par un peu de bois et d’acier !

Opéra

Il y a quelques jours, j’ai fait un long voyage… un peu contre ma volonté, surtout pour lui faire plaisir ! Je lui ai offert des billets pour le « Met » (Metropolitan Opéra of New York) et non rassurez vous je n’ai pas cassé la tirelire pour l’emmener de l’autre côté de l’atlantique, juste des billets pour la retransmission en salle… Rien que ça, c’est un voyage ! Penser que 3 millions de personnes dans le monde regardent la même chose au même moment !… ah les merveilles des nouvelles technologies. Avant la représentation, les caméras filment la salle et vous pouvez détailler, un peu comme si vous y étiez, le public installé dans les fauteuils de velours rouges. Puis une « présentatrice », dans son américain fluide et enthousiaste, vous présente l’œuvre que vous allez découvrir, son auteur, les interprètes…Elle a cette façon exquise de prononcer « les troyens » et c’est là, au détour d’une phrase approximativement comprise, que vous comprenez que l’Opéra va durer 5h30 ! Il est 18h, vous n’avez pas diné (erreur de débutant !)…il va falloir que le spectacle en vaille le coup !

Heureusement, la représentation est à la hauteur de sa réputation, la musique de Berlioz est sublime, les voix exceptionnelles et la mise en scène grandiose. Même si la première partie peut vous sembler un peu longue, un peu sombre, la suite est une merveille où se mêlent les voix et les corps, entre chorale et ballet… Les entractes sont comblées par des interviews, des promenades dans les coulisses, des images de l’envers du décors…

Je vous mentirais si j’affirmais avoir tout vu, (il semble en effet que j’ai quelque peu dormi !) mais c’est une superbe manière de découvrir l’opéra avec la garantie d’admirer la crème de la crème des protagonistes de ce milieu.

Le cœur cousu

de carole Martinez

 

Certains livres se méritent. Leur lecture demande une certaine patience. Ils imposent un rythme, une progression pas à pas, tellement l’intensité du récit est forte. Ce roman, où le merveilleux prend souvent le pas sur la réalité, en fait parti.

Ce conte, entre magie et sorcellerie, entre vie et mort, entre lumière et ténèbres, entre Dieu et le Diable, entre richesse et pauvreté, est fait de contrastes… La mesquinerie et la jalousie y ont leur place, l’amour et la générosité aussi, la folie avant tout.

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Ce que je sais de Vera Candida…

de Véronique OVALDE.

Pas plus que ce qu’en révèle ce livre d’une écriture envoutante !

On imagine une île au large de l’Amérique du sud, un port de l’autre côté… Des paysages à peine décrit et pourtant des images qui s’imposent. Des femmes, mères et filles, n’ayant pas choisi ces maternités et pourtant tellement aimantes et attachées à leur progéniture. Des destins d’héroïnes dans des vies simples, où liberté et mélancolie se mêlent, ou l’amour arrive enfin quand Vera Candida brise la fatalité et fuit l’île…

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