Précarité énergétique

Le 5° séminaire DUE (Déplacement, Environnement, Urbanisme) organisé par le CERTU (devenu depuis une division du CEREMA) a eu lieu en novembre dernier. Il y a été question de choix résidentiels et des déplacements choisis ou subis, de précarité énergétique et d’organisation spatial de nos territoires. Cet article en présente une synthèse.

Après une introduction de la journée, d’abord de Michelle Vullien qui a souligné l’importance des nouvelles technologies dans les changements comportementaux et les besoins variés des différents publics, puis de Philippe Schmit du Conseil général de l’environnement et du développement durable qui s’interroge sur la non-adhésion des ménages au principe de compacité, Martine Meunier-Chabert a ensuite présenté l’ensemble de la journée. Cette année, avec la préoccupation grandissante de la nécessité d’une transition écologique et énergétique, il était d’autant plus important d’articuler les politiques Habitat, Transport, Aménagement, Énergie sur cette question de la vulnérabilité énergétique des ménages et donc des territoires. Effectivement, le choix d’un lieu d’habitation n’est pas sans conséquence économique aux regards des déplacements. Le rêve de maison individuelle pousse à s’installer en périurbanisation, là où le foncier est moins cher et engendre une dépendance à l’automobile avec un allongement des distances parcourues. Entre chauffage et carburant, la hausse ininterrompue de l’énergie rend ces ménages très vulnérables.

Le premier exposé réalisé par Jérôme CROZY du CERTU a présenté un quiz dont la thématique est « Étalement urbain : où est le problème? ». Il a pour but d’objectiver les données et de prendre en compte une dimension transversale et globale (ménages et collectivités). Il s’intègre à une réflexion plus vaste sur les questions de densification et comporte 24 affirmations d’idées reçues, vrai ou fausse, explicitées. Depuis la loi SRU en 2000, la lutte contre l’étalement urbain est affichée comme une priorité des politiques publiques, au travers des projets de renouvellement urbain et de densification, rejetant un modèle d’urbanisation, la ville diffuse, pour un autre, la ville dense. Ce quiz, destiné aux services des collectivités, à l’Etat, aux bureaux d’études, aux professionnels de l’aménagement, a une approche transverse à plusieurs thématiques. En premier lieu l’urbanisation (dynamiques, formes urbaines, consommation de l’espace, production de l’offre de logement) mais liée aux questions de déplacements et de mobilité, de leur coût et de leur impact environnemental. Deux thèmes qui ne sont pas dissociables des politiques de logement au travers des dispositifs d’aide et du marché immobilier. En prenant en compte les aspirations des ménages, « leur rêve », se pose la question du coût réel de leur choix d’habiter avec cette nouvelle donnée énergétique dont les prix peuvent exploser en particulier pour les trajets incontournables domicile-travail.

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Escapade bruxelloise

Les villes où on a vécu, travaillé ont un caractère particulier. Nul besoin quand on s’y rend de réaliser une course effrénée pour en voir le maximum ! Juste le plaisir de se balader, de flâner, de profiter de la lumière… Bruxelles fait partie de ses villes où j’ai habité quelques mois, m’y faisant des amis que je retrouve avec plaisir à chaque fois que j’ai l’occasion, (ou que je me la crée !) d’y retourner.

Bruxelles-Capitale, métropole composée de 19 communes, offre une multitude de visages, une architecture variée parfois époustouflante. Capitale à taille humaine, loin de certaines mégalopoles, siège de l’OTAN et de la plupart des institutions de l’union Européenne, cette ville cosmopolite, où l’on parle flamand, français et anglais, passant de l’une à l’autre langue en fonction des situations et des interlocuteurs, s’étend sur 160 km². 60 de plus que Paris pour quasiment 1 million d’habitants en moins, l’espace disponible par habitant y est beaucoup plus élevé, la densité beaucoup moindre. On a toujours l’impression de respirer à Bruxelles. Ses façades alignées en front de rue, étroites et peu élevées, animées par des Bow Windows qui captent la lumière pour la faire pénétrer au plus profond des pièces, faites de briques, de pierres, de verres ou de crépis ont le charme des pays du nord. Ses multiples parcs, havres de verdure, ponctuent la ville. Ses petites places en étoile accueillent en leur centre des squares où il fait bon se poser.

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Un beau matin… Aladin

D’après les contes des mille et une nuits, du 19 au 22 mars à la MC2

Réalisé par Matèj Forman

Raconté par Agnès Sourdillon

AladinDès la lumière éteinte, dès la première note de musique la féerie s’installe. Des lanternes, que l’on a envie de dire magiques, se promènent sur scène et au-dessus du public, éclairant de leur lumière diffuse des mains qui se tendent pour les effleurer. On se retrouve instantanément plongé dans un monde magique fait d’ombre et de lumière, de personnages réels et de marionnettes, de plume et de légèreté. La musique s’atténue et une voix à la tonalité envoûtante commence le récit. Elle nous captive avec une note d’humour et quelques anecdotes connues de tous, et puis elle nous entraîne au pays du roi devenu fou, au pays de Shéhérazade qui captiva ce roi, au pays d’Aladin, au pays des dromadaires et du sable chaud.

Ce voyage en Orient, animé par les marionnettes aux expressions si humaines, par les décors faits de voiles soulevés par l’air chaud est une véritable parenthèse onirique. Le récit a pourtant la force des contes qui sous leur caractère anodin révèle la sagesse de ceux qui ont vécu.

Le spectacle se joue jusqu’à samedi… Si vous avez l’occasion allez voyager !

La revanche du rameur

de Dominique Dupagne

couverture de la revanche du rameurEncore un livre plein d’espoir… En tout cas qui donne envie de continuer à ramer malgré ceux qui nous en empêchent pour vaincre un mal dominant !

Dominique Dupagne, médecin, sensible au mal être de ses patients souffrant de l’aliénation sociale régnante dans le monde du travail aujourd’hui, nous décrypte dans cet essai le fonctionnement actuel de notre société. Des dominants dominent des dominés, dans un système hiérarchique vérolé par un ensemble de procédures soit disant au service de la Qualité. Il y analyse cette société obsédée par les normes mais des/organisée, qui opprime l’humain, le castre et tend souvent vers l’absurde. Malgré l’arrivée de la démocratie donnant le pouvoir apparent au peuple, certains continuent à dominer à la tête du pouvoir.

Heureusement une r/évolution est en cours avec internet et le web 2.0 qui redistribue le lien social de manière complexe et riche. Il influence petit à petit et de plus en plus l’organisation de notre société. Sur cette toile le pouvoir est à tous, contrôlé par tous, et chacun peut apporter sa pierre à l’édifice.

Devant ces constats, il espère une société hétérarchique qui tourne le dos au néolithique où le mâle domine pour assurer la pérennité de ses gènes. Il fait confiance aux rameurs pour s’associer au gré des besoins, pour avancer vers un monde où l’humain pourra s’épanouir loin des dominants égoïstes.

Tout cela peut sembler compliqué mais le livre est bien écrit, fluide et ponctué de cas concrets et de fables explicites. L’ensemble du propos est vraiment très intéressant.

Si vous avez le sentiment que nous marchons sur la tête, sans espoir de pouvoir changer quoi que ce soit, lisez-le ! Il redonne espoir et nous invite à utiliser à bon escient ce nouvel outil r/évolutionnaire que représente internet Il nous met au défi d’agir !

http://www.larevanchedurameur.com/

Petite Poucette

de Michel Serres

Couverture du livre petite poucette

On m’a offert ce livre pour l’espoir qu’il porte d’un monde nouveau.

A la fois léger, quelques quatre-vingt pages vites parcourues, et pourtant dense, tant leur contenu demande de lucidité, il faut le lire et le relire pour entrer dans la réflexion de Michel Serres, décortiquer le texte pour bien comprendre ce que cette « Petite Poucette » a de si précieux et si aimable.

Dans un monde où tout a changé, le rapport au temps et à l’espace, au savoir et à la vie, Michel Serres nous présente cette nouvelle « individu » – dont la dextérité des pouces sur téléphone et autres écrans tactiles donnant accès à la Toile lui donne ce surnom affectueux -qui agit, pense et invente à des années lumières de ses ancêtres. Cette petite Poucette qui n’a plus de sentiment d’appartenance dans ce monde multiculturels, bouge, chahute, ne fait plus équipe, divorce…

Il nous parle de l’école où on lui enseigne un savoir, qu’elle a à porté de pouces, sans l’intéresser, elle attend quelque chose de nouveau, l’école telle qu’elle est ne lui convient plus. Pour Michel Serres les nouvelles technologies appellent une nouvelle pédagogie. Tout est à refaire, tout reste à inventer ! Avec son ordinateur, qu’il nomme « boite cognitive objectivée », qui contient le savoir, analyse, trie, trouve, il lui reste l’intuition novatrice et vivace. Petite Poucette n’a plus qu’à INVENTER… de nouveaux métiers, de nouvelles relations, une nouvelle société, dont il décrit le changement de paradigme.

Et c’est là que réside l’espoir ! Tout reste à faire et cette armée de petits Poucets évoluent dans une collectivité foisonnante et changeante, volatile à laquelle ils s’adaptent au jour le jour. Ils inventent un monde nouveau, qui certes peut perturber leurs parents et grands-parents mais dans lequel ils pourront s’exprimer.

http://www.liberation.fr/culture/2011/09/03/petite-poucette-la-generation-mutante_758710

Sulak

de Philippe Jaenada

SulakUn personnage réel digne des plus grands romans, un auteur de roman au style pince sans rire, totalement en osmose avec son personnage, ce livre est un régal d’humour et de tendresse.

On sent l’auteur complètement fasciné par son héros, mais d’une honnêteté sans faille. Illustrant son parcours avec les hasards, heureux ou malheureux, qui changent le destin d’un homme, il tente de comprendre pourquoi cet homme brillant s’est retrouvé en marge.

Ce livre, récit de la vie mouvementée et hors norme de Bruno Sulak, gentleman cambrioleur des années 80, qui malgré sa défiance de tout le système judiciaire, ne fit jamais coulé de sang.

Jeune, beau, doué, recherché par toutes les polices de France, séducteur… Philippe Jaenada nous raconte le culot et l’humour de cette homme, et qui nargue, parfois à la limite du raisonnable, celui dont il respecte l’intégrité mais qui rêve de le mettre à l’ombre.

Ce jeune homme généreux, profondément épris de liberté, semble se battre contre l’injustice, le système d’une société gouvernée par le « fric », avec audace. Il fascine tout ceux qui l’approche et reste fidèle à ceux qu’il aime et protège.

Du grand père exilé, au père décoré, des fidèles complices, Yves d’abord, puis Drago et Steve, de la Grande, son alter ego, sa moitié, son amour, de sa famille, sa mère et son amour indéfectible, ses sœurs, son frère, et d’autres encore, Philippe Jaenada, nous parle. Il retrace, avec un ensemble d’anecdotes (dont on cherche parfois le rapport avec Bruno !), et son style, où l’ironie parfois se mêle à des digressions sur ses propres états d’âme, ses années où Belmondo était une star et qui ont bercé son enfance, voire la nôtre.

A la lecture de cette épopée, on comprend que l’auteur soit fasciné par cette homme, et nous, lecteurs, tombons sous le charme : de Bruno, de ses amis, de certains flics et surtout de Philippe Jaenada.

A lire sans hésiter : un voyage dans le temps, un moment de plaisir !

En Quête d’Art

Quelques amis bien attentionnés m’ont offert un bon pour… une « œuvre d’art » !

Je me suis donc retrouvée en quête de la perle rare, et activée pour dénicher ce trésor. J’ai suivi leurs conseils, fouiné ici où là, ouvert grand mes yeux et mes oreilles ce qui a occasionné de belles rencontres et de jolis clin d’œil !

J’ai commencé mon voyage avec Juliette Lemontey dont j’ai été admirer les œuvres à la librairie du Square à Grenoble. Des portraits sans visage, on dirait de l’encre de chine, un trait proche de la calligraphie, du noir, du gris du blanc, quelques touches de rouge… Du silence, comme une absence… Un certain regard mais pas de coup de foudre…

Ma deuxième étape s’est faite sur la toile, sur le site d’Ophélie Vaganay. Pour le coup la couleur explose sur ces tableaux, on ressent la matière, l’épaisseur de la peinture à l’huile. Les tons sont acidulés, vivants, francs, chauds. Comme une sorte d’objectif, ses pinceaux saisissent des instants fugaces : un rayon de soleil sur un sommet, l’ombre d’un arbre sur la mer, une scène de marché… mais toujours pas de coup de foudre !

Je suis allée ensuite me promener sur le site de Valérie Guilaumé, dont je connais certaines œuvres installées chez des amis. Elle dompte l’acier pour créer, le plie, le roule, le perce, le découpe… Selon le traitement qu’elle lui fait subir, l’histoire est différente, la matière se révèle. Meubles, luminaires, sculptures, une grande diversité, plusieurs univers caractérisent cette artiste… pour aller plus loin il aurait fallu la rencontrer, se raconter, chercher aussi où l’acier aurait pu trouver sa place… Cela ne s’est pas fait !

pouleJ’ai également rencontré Jerome Bayet, auteur des sculptures (oiseau, chèvre, girafe…) qui parsème Corenc en ce moment et qui est tout aussi sympathique que ces œuvres le laisse présager ! J’ai été admirer quelques-unes de ses œuvres exposées à Voiron à la galerie Place à l’Art, ce qui m’a permis de découvrir d’autres artistes tout aussi talentueux… J’ai finalement acheté une de ses drôles de poules mais pour l’offrir à qui rêve d’avoir un poulailler ! Le clin d’œil m’a amusé…

Et puis j’ai échangé avec l’une, avec l’autre… Et d’autres passerelles sont apparues. J’ai pris contact avec une artiste basée à Paris, Blandine Deny, dont j’ai eu l’occasion de voir certaines sculptures. Après une balade sur son site, où certaines œuvres m’avaient tapé dans l’œil, nous avons pu échanger au téléphone avec beaucoup de plaisir. Et même si elle s’est avérée être originaire de Voiron, son atelier en région parisienne ne me permettait pas d’aller voir de visu ce qui m’avait séduit sur l’écran… Cela ne s’est donc pas concrétisé ici non plus mais je garde précieusement ses coordonnées.

SilenceEnfin, je suis entrée en contact avec une artiste de Chartreuse, Marie Montagnat Ponsar, dont « la peinture se nourrit chaque jour des moments précieux de l’existence », suis allée dans son atelier à Crolles, et là, ai eu un coup de foudre ! Pour sa maitrise de la couleur d’abord, de la lumière, du mouvement. Pour cette spontanéité que l’on sent dans ses toiles. Pour son univers, sa franchise, son accueil, ce moment partagé en toute simplicité.

Pour une toile enfin qui se nomme « silence »…

Le vrai voyageur ne sait pas où il va (proverbe chinois)

2013 s’en est allé, 2014 débute à peine… Et un an de plus pour ce blog ! Même si décembre a été bien silencieux sans billet à partager, il a eu son lot de rencontres et de voyages précieux (à suivre ?!).

Merci à vous tous qui êtes passé par ce blog au cours de l’année écoulée, en avez parcouru quelques lignes ou plusieurs pages. 4200 visites sur l’année, deux fois plus qu’en 2012 ! J’espère que vous y avez pris du plaisir ! Je continue, quant à moi, d’aimer partager mes ballades, mes émotions et mes voyages !

2014Que cette nouvelle année qui commence vous fasse voyager, rencontrer, découvrir aux hasards de vos chemins !

Et un petit conseil en cadeau, pas de moi, mais une citation de Henry de Monfreid. Mon expérience des derniers moi lui donne entièrement raison ! Soyez à l’écoute, et vous recevrez beaucoup plus que ce que vous imaginez !

Belle année à tous.

« N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. »

 

L’heure…

The Hour

créée par Abi Morgan

The HourIl y a des moments bénis où vous posez votre montre, débranchez votre téléphone, sortez du monde pour quelques heures… Et souvent ces moments vous font discrètement quelques cadeaux ! C’est ce qui m’est arrivée il y a peu.

Sans contrainte ni horaire, là pour profiter, j’ai pendant 24 heures, grâce à une année supplémentaire, fait une pause. Une fois n’est pas coutume, je me suis installée confortablement devant le petit écran, « zapette » en main. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est là que le miracle s’est produit !

Errant de chaine en chaine, sans vraiment m’arrêter, mon regard a soudain été captivé par des images inhabituelles. D’une composition plus que séduisante, ponctuées de touches colorées attirant l’œil,  elles ont arrêté ma main dans son zapping fou. Je me suis attardée, me suis laissée séduire par cette série anglaise d’une très grande qualité, en tout cas visuelle. Chaque plan est un tableau, rappelant par ses côtés surannés des tableaux d’Edouard Hopper. La lumière est toujours savamment calculée, éclairant subtilement le détail à saisir.

Bel, la productrice du magazine d’information « The Hour », évolue dans un monde quasi en noir et blanc, toujours vêtue de couleur vive accordée à son humeur. Ses deux acolytes journalistes, l’un plus animateur qu’investigateur, l’entourent avec brio. L’essentiel de cette série se joue à la fin des années 50, entre les studios enfumés de la télé publique britannique et le club « el Paradise », haut lieu de corruption. L’intrigue se tient, et on regrette vraiment qu’il n’y ait que six épisodes à cette saison 2 et pas de suite prévue. En tout cas, je vais rapidement me procurer la saison 1 pour continuer ce voyage dans le temps et l’image.

Une vraie belle série, loin des standards américains, à voir absolument !

Danse noire

Danse-noirede Nancy Huston

Dès les premières pages, j’ai été un peu paniqué par la danse dans laquelle nous entraîne Nancy Huston. Danse entre les langues, du haut au bas des pages quand on n’est pas trilingue, danse dans le temps, danse entre les personnages dont on ne voit pas le rapport au départ… Puis au fur et à mesure de ma lecture, je me suis laissée entraînée par le rythme de la Capoeira, cette danse brésilienne qui finalement semble l’initiatrice et l’aboutissement de ce livre.

Ces trois destinées que l’on suit au fil des chapitres, l’une après l’autre, chacune avec son rythme et son ambiance, sont finalement liées. Malgré la noirceur de chaque histoire, l’espoir et l’ambition restent dans ces vies non choisies. On s’attache peu à peu au personnage central, Milo Noirlac, scénariste québécois, à la vie chaotique, entre ombre et lumière, qu’il semble subir avec un certain détachement. Révélée par son ami et amant, réalisateur new-yorkais, ce scénario nous révèle la quête d’identité de chaque protagoniste. Le réalisateur ponctue de commentaires le récit rendant vivant et visuel ce film qu’il veut mettre en forme avant la fin de Milo. Ce faux dialogue, puisqu’on ne fait qu’imaginer les commentaires de Milo faible sur son lit d’hôpital, nous révèle le travail et les ajustements nécessaires à toute création. Il nous parle aussi d’Awinita, cette indienne Cri, venue chercher une vie meilleure à Montréal, que Milo ne connaît pas mais dont il détient un héritage immatériel. Et de Neil Kerrigan, cet irlandais exilé, nostalgique de son pays, de sa carrière rêvée d’écrivain enterrée avant l’heure, passionné de Yeats et de Joyce, qui veut à tout prix transmettre son histoire et choisira Milo pour cela. En dire plus serait révéler les ficelles de l’histoire !

Trois récits qui s’entremêlent pour finalement se rejoindre sur le rythme obsédant de la capoeira brésilienne, mi danse mi art martial afro-brésilien. Trois destins qui mettent en scène les questions des origines, de la transmission, de l’héritage culturel, de l’exil, de la solitude, de l’abandon. Cette danse brésilienne symbolise finalement un moyen d’expression compréhensible par tous, loin des barrières de la langue. Les corps parlent bien au-delà des mots. Cette « danse noire » nous entraîne, ce roman qui demande un effort de lecture au départ est riche et dense.

« ta, ta-da Da, ta, ta-da Da, ta, ta-da Da, ta, ta-da Da… »

Un rythme entêtant. Un roman pas facile mais qui mérite que l’on s’y arrête !