Le Roman d’Ernest et Célestine

livre de Daniel Pennac aux éditions casterman

Certains d’entre vous connaissent surement Ernest et Célestine, ces deux personnages esquissés au pinceau, héros de la littérature enfantine et créé par Gabrielle Vincent, artiste belge aux multiples talents. D’un trait sobre, d’une couleur tendre, proche de la sanguine ou du brun terre ces deux silhouettes, un ours et une souris sont « aquarellés » avec douceur. Nés dans les années 80, ces deux amis, dont on peut suivre les aventures sur une vingtaine d’année, jusqu’au décès de l’auteure, sont attachants par leur différence.

D’autres ont entendu parler ou vu le film éponyme réalisé par Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier en 2012, film d’animation inspiré des aventures d’Ernest et Célestine. J’avoue ne pas l’avoir vu, n’ayant pas trouvé d’alibi à l’époque pour aller voir ce long métrage pour enfant…

Mais quand j’ai vu au rayon jeunesse d’une librairie le roman de Daniel Pennac, dont j’ai appris plus tard qu’il avait écrit le scénario du film précédemment cité, avec sa couverture toute sobre, illustrée par une tendre câlin de ces deux inséparables, plus d’excuse possible, je l’ai acheté !

J’avoue ici que j’ai une très grande admiration pour cet auteur, son humanité et le regard qu’il pose sur la vie. J’ai eu l’occasion de le rencontrer puisqu’il présidait le jury du livre Inter dont j’ai fait partie, et ses dédicaces qu’il a dessiné sur les différents livres que je lui ai présentés reste des trésors et un souvenir que je chéris.

Ceci dit pour expliquer que je ne suis peut-être pas objective sur mon appréciation de ce que je considère comme un petit bijou ! J’ai aimé le ton du livre, le dialogue entre l’auteur, le lecteur et les personnages, cet hommage rendu à la peintre qui a crée Ernest et Célestine, encore plus attachants quand on sait comment ils se sont rencontrés !

 

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Gilles Legardinier

Emprunté à l’aveugle sur une étagère, lors d’un manque de lecture « détente », Complètement cramé m’a happée. J’ai découvert cet auteur plus que sympathique et dans la foulée ai lu un deuxième roman.

Des histoires qui se tiennent, dont on a envie de savoir la suite, des personnages attachants avec, tous, ce grain de folie qui pimente la vie. Des sentiments que l’on connaît, une vision de la complémentarité des hommes et des femmes, de l’amitié et de la solidarité qui donne foi en la vie.

Avec beaucoup d’humilité et de simplicité, il nous raconte la vie de certains de nos contemporains, la locataire du dessous ou le voisin d’en face, le collègue de travail ou la boulangère de la rue. Avec beaucoup d’humour, il nous entraine dans des histoires parfois rocambolesques mais auxquelles on croit car il pourrait nous prendre l’envie de suivre ses personnages. Sans prétention, il nous offre de beau moment d’évasion dans leurs vies et pourtant ces livres cachent des réflexions profondes sur l’humanité et quelques vérités que l’on pourrait afficher. On sent que l’homme derrière la plume aime rire et sourire, porte son attention sur ceux qui l’entourent, écrit pour notre plaisir. Et on a très envie de le retrouver pour de nouvelles aventures garantes de belles escapades hors de notre réalité !

La vie en mieux

De Anna Gavalda

La vie en mieuxElle sait comme personne nous parler des cabossés de la vie, de ceux qui vivent à côté de leur chemin, cherchant un sens à leur quotidien. Et pourtant le cœur de tous ses romans c’est l’espoir, le petit coup de pouce du destin qui change une vie.

Cette fois-ci deux nouvelles sans lien entre elles, deux personnages, Mathilde et Yann, qui ont tout pour être heureux, sans trouver l’étincelle, deux rencontres qui vont chambouler respectivement leur vie, deux histoires qui prennent fin là où tout commence laissant le lecteur rêver la suite de leur destinée.

Avec sensibilité et finesse, l’auteure nous installe dans la tête de ses personnages, nous fait vivre la palette de leur sentiment, nous laisse entendre leur quotidien, oubliant parfois quelques clés pour recoller les morceaux ! Mais qu’importe, on comprend en lisant les mots de chacun, parfois crus, que la vie, qui donne souvent des coups, durs, peut aussi d’une étincelle exploser à condition de l’étreindre, de l’affronter sans courber l’échine. Anna Gavalda écrit sur le monde d’aujourd’hui en partant des détails de vie ordinaire, justes et appropriés. Elle nous fait sourire avec son style pétillant.

Et elle installe l’espoir que tout est possible, qu’il faut rester vigilant pour saisir l’opportunité d’écouter son cœur, de déterrer les trésors et d’embellir la vie, quelle qu’elle  soit. Un bon moment de lecture, sans prétention !

 

L’exception

De Audur Ava Olafsdottir

L'ExceptionUn roman inclassable, un style inimitable, c’est mon coup de cœur du trimestre !

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu un livre avec autant de plaisir me laissant porter, emporter dans un univers où le soleil ne perce que quelques heures par jour. On suit la ronde des personnages, hors norme et attachants, autour de Maria dont la vie bascule un soir de réveillon mais qui continue à avancer avec esprit et humour, espoir et conviction. Sur fond d’hiver polaire, cette jeune femme rayonnante se voit bousculer par le destin et s’étonne de ce qui lui arrive tout en cherchant les signes précurseurs. Soutenue par Perla sa voisine naine et psychologue et un jeune étudiant en ornithologie qui la vénère, elle va prendre la vie comme elle vient et tenter d’organiser le chaos.

L’écriture est joyeuse, on y trouve humour et poésie. La dernière page lue, on garde de la tendresse pour ce livre, son auteur, qui avec une grande délicatesse nous fait voir l’extrême beauté de la vie malgré les coups durs. Une Exception dans le monde littéraire !

Le Chardonneret

De Donna Tartt

 

ChardonneretJ’ai emprunté ce pavé par hasard, attiré par l’oiseau de la couverture, séduisant et si léger comparé au poids du livre. J’ai attendu un moment avant de m’attaquer aux 800 pages, encombrantes et presque décourageantes… Je suis rentrée difficilement dans l’histoire, sombre, m’attachant pourtant peu à peu au héros Théo, et à ce minuscule Chardonneret grâce auquel il survit malgré un sort peu clément. Je ne savais rien de Carel Fabritius, ce peintre flamand du XVIIème siècle, avant de lire ce livre, rien de son petit oiseau lumineux qui pourtant éclaire tout le roman de son mystère.

Théo, jeune garçon new-yorkais se voit arracher sa mère lors d’un attentat dans un musée. Hagard et ne réalisant pas vraiment ce qui vient de se passer il sort par une porte dérobée avec cette petit toile qu’il conserve cachée comme un trésor qui lui donne la force de continuer à vivre. On attend un dénouement pour cette merveille cachée, on veut savoir ce qu’il adviendra de ce tableau recherché par toutes les polices du monde. Mais le roman retrace la dérive de Théo, son amitié pour Hobbie puis pour Boris, son amour sans avenir pour Pippa, également rescapée de l’attentat, sa vie chez les Barbour, les drames qui ponctuent son existence. Parcours chaotique suite au traumatisme, les descriptions sont parfois pesantes tant la noirceur envahit la vie du jeune homme.

Entre vérité et mensonge, entre sincérité et fourberie, entre mémoire et oubli, le suspense qui s’installe peu à peu m’a fait aller jusqu’au bout de ce livre bavard et fastidieux à lire. Effectivement le style est précis et fin, l’écriture agréable mais les détours pris, les descriptions et les détails m’ont donné l’impression que le livre ne se terminerait jamais et il m’a fallu de la persévérance pour aller jusqu’au bout… Ce récit interminable d’un pessimisme absolu se termine malheureusement en queue de poisson.

Le livre refermé, la lecture achevée, j’ai quand même eu la curiosité d’en savoir plus et sur l’auteur et sur l’œuvre. Prix Pulitzer 2014 (quand même !), critiques dithyrambiques de nombreuses personnalités, j’ai eu l’impression de ne pas avoir lu le même livre… je vous laisse donc juger par vous-même, mais une chose est sure, le tableau de Fabritius a quelque chose d’envoûtant qu’il faut découvrir !

Merveille (Wonder)

de RJ. Palacio

couverture du livre Wonder de RJ PalacioCe roman jeunesse porte bien son titre et est effectivement une vraie merveille ! Emprunté par hasard pour un fils en mal de lecture, je l’ai lu à mon tour après son retour positif et j’ai adoré ce livre plein de sensibilité, d’émotion, d’amitié et d’amour. Un jeune garçon, à l’humour mordant, fait son entrée à l’école en 6 ème n’ayant pas été scolarisé jusque là pour des raisons médicales… Né avec une malformation faciale, son visage hors norme lui vaut réactions horrifiées et moqueries. Il saura pourtant faire face, se sentant un garçon ordinaire, comme les autres. On s’attache à Auggie, à sa famille, a ses camarades, on pleure (vraiment !) et on rit avec eux, on souffre aussi de la bêtise humaine mais on se réjouit de voir que la bonté l’emporte. Le style simple et sincère nous entraîne dans la tête de six des protagonistes de l’histoire de ce petit garçon courageux et merveilleux. Récit à plusieurs voix, où chacun peut exprimer ce que cette difformité engendre dans sa vie, c’est un livre à mettre entre toutes les mains, vraiment toutes pour aimer et regarder différemment tous les « Auggie » que nous croisons ! Un roman qui vous accompagne même les dernières lignes parcourues. Une MERVEILLE !

Plonger

de Christophe ONO-DIT-BIOT

 

couverture du livre Plonger de Christophe Ono-Dit-BiotComme ce livre porte bien son titre ! A peine les premières lignes effleurées, j’ai plongé dans ce récit d’un père à son fils, où perce l’amour inconditionnel de l’un pour l’autre, le désir de le voir grandir en gardant l’équilibre dans un monde en mouvement, la volonté d’être honnête avec lui, qu’il sache qui était sa mère.

Récit d’un coup de foudre, d’une passion de César pour cette belle espagnole insaisissable, Paz, indépendante, sauvage. De cet amour est né Hector, dont le prénom héroïque résonne après le récit de sa naissance… mais qui ne sera retenir sa mère en quête de beauté, d’ailleurs, d’air. Pour son fils, malgré la douleur et la peur, César va chercher à comprendre la disparition de cet être solaire, de cette artiste talentueuse et rebelle.

A part quelques clichés, cette histoire où se mêlent l’art et la passion parfois violente de ces deux êtres est formidablement bien écrite. Il y est question d’amour bien sûr mais aussi de liberté, de création, de regard, d’eau et de mort… L’auteur en profite pour décortiquer un peu notre société, son évolution dans une Europe qu’il dit déclinante et qui étouffe Paz au point de la faire fuir. Rien de naïf dans cette très belle histoire d’Amour mais une puissance, un feu qui peut détruire. Et des pages incroyables qui donnent vraiment envie de voyager, de parcourir les Asturies, de retourner à Venise et ailleurs… Une très belle escapade !