Réinventer le rôle de la gare TER

Un colloque organisé par le CNFPT, a eu lieu le 8 novembre à Lyon, échange d’expériences autour des gares TER, initiatrices d’aménagement des territoires périurbains. Cet article en présente une synthèse.

Le réseau ferroviaire français possède un véritable potentiel et les territoires à proximité des gares sont de réels enjeux de développement en particulier pour le développement d’une mobilité plus durable découlant des enjeux de la transition énergétique. La gare n’est pas seulement un arrêt sur une ligne de transport mais un réel équipement urbain, une « entrée de ville » et un lieu potentiel de centralité, créant une réelle synergie entre les territoires alentours.

Un atelier de réflexion, commandé par le Certu (Centre d’Etudes sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques), et confié aux Cete (Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement) de Lyon et de Nord-Picardie a eu lieu en 2011-2012. Son thème principal était « Valorisation foncière aux abords des gares TER ». Il a été initié suite au constat d’un nombre conséquent d’études autour des gares, dans un environnement législatif en pleine mutation suite au Grenelle de l’environnement, mais non suivi de réalisations pour la plupart. Il est né de la volonté d’échanger et de capitaliser les expériences locales pour pouvoir « aller plus loin » dans la valorisation des gares et du transport ferroviaire. Cet atelier avec différents volets a rassemblé un grand nombre de participants : Etat, agence d’urbanisme, collectivités territoriales, SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français) et RFF (Réseau Ferré de France), EPF (Etablissement Public Foncier) et aménageurs…

Même s’il existe un consensus apparent, il est très vite apparu que chaque participant avait ses propres préoccupations, allant des considérations financières aux problématiques urbaines, du bon fonctionnement des réseaux de transport aux logiques de positionnement institutionnel… Avec des attentes pas forcément convergentes. La question reste donc complexe, et l’enjeu essentiel est de fédérer les acteurs dès les études amont d’un projet, de mobiliser chacun en identifiant ses objectifs mais également ses contraintes.

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Les carnets de Cerise : le zoo pétrifié

de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les carnets de CeriseUne fois n’est pas coutume, je viens de lire par hasard cet album jeunesse. Une vraie merveille ! Ce beau livre signé Joris Chamblain et Aurélie Neyret se situe entre la bande dessinée et le carnet intime de Cerise, petite fille espiègle et curieuse des gens qui l’entourent. Dès les premières lignes, on a envie d’en savoir plus sur cette demoiselle âgée de dix ans et demi et si lucide sur la vie. Une fois tombé au milieu de ces pages, on savoure l’album jusqu’au dessin final !

Aventure originale et touchante, « le zoo pétrifié » nous ramène en enfance au milieu des dessins colorés d’Aurélie Neyret dont le graphisme enchanteur donne vie aux personnages. Cette histoire (que je vous laisse découvrir !) où se mêlent poésie, tendresse mais aussi suspense et belles valeurs humaines est une vraie réussite.

Un livre que l’on a envie d’avoir dans sa bibliothèque, qu’on a envie d’offrir ! Et bonne nouvelle, le tome II vient d’être publié !

Détective (Antivol…suite !)

Chose promise, chose due ! J’en sais plus sur le créateur de ces drôles d’oiseaux, mais pas que !… J’ai croisé aussi une chèvre… impressionnante ! Rouge pour tout vous dire, perché dans le chemin Charles Pajon, dominant la route et la vallée… Et puis j’ai mené l’enquête : il y a aussi des girafes, des pingouins, tout un bestiaire coloré et amusant !

panorama

L’auteur de ces facéties ? Jérôme Bayet, un grand enfant on dirait qui aime travailler avec les petits. C’est par son intervention à l’école maternelle que ses œuvres se trouvent ainsi disséminé dans la commune.

Plasticien, mais aussi imprimeur, architecte, designer… Sa première œuvre a pris naissance au Mexique et c’est vrai que pour qui a un peu voyagé dans ce pays ou en Amérique du sud, papier mâché et couleur y sont roi !

Et j’aurai envie d’ajouter conteur ! Ses drôles de bestioles nous font rêver, sourire, parler. Leur couleur, vive et franche, attire l’œil et ne le lâche plus. Elle nous parle de notre enfance, de leur voyage, de leur vie.

De B à W… Récit d’une participation au Livre Inter

On m’a souvent demandé comment j’avais réalisé ce rêve d’être juré au Livre Inter… Voici donc le récit d’une aventure encore très présente aujourd’hui !

D’abord,

Il faut oser. Se dire qu’après tout on a une chance, que l’on peut devenir l’un des vingt-quatre sélectionnés. Que ce rêve plusieurs fois fait de participer au Livre Inter peut devenir réalité. Avoir la faveur de lire dix romans à la suite, le devoir de défendre sincèrement ceux qui vous auront plu, de critiquer les autres, le droit de vivre ces instants que vous imaginez magiques, sans trop réaliser vraiment ce qu’ils peuvent être.

Ensuite,

Il faut écrire… prendre sa plus belle plume et livrer une partie de soi, avec sincérité, honnêteté, parler de cette passion qui vous tient : la lecture… Difficile de savoir ce qui fera pencher la balance de votre côté, ce qui vous démarquera.

Puis,

Il faut aller jusqu’au bout de la démarche et envoyer cette missive. Cette étape semble la plus facile… Mais peser l’enveloppe, la timbrer et la glisser dans une boite aux lettres peut devenir un effort surhumain quand on évalue le poids de la déception si on est écarté… Et puis le faible espoir qui vous habite finit par prendre le dessus… « Advienne que pourra ! »

Après,

Il faut attendre, sans vraiment savoir combien de temps. Un jour vous allumez la radio, plus ou moins par hasard, comme tous les jours ou presque, et commence alors l’énumération des jurés du Livre Inter : douze femmes, douze hommes. Après une litanie qui vous parait interminable, vous commencez à ne plus y croire… quand votre nom, votre âge, votre ville, votre profession sont annoncés… Les hasards de l’ordre alphabétique ont fait que vous étiez la dernière. Vous avez du mal à y croire, pensez avoir rêvé… Heureusement, vous n’étiez pas la seule à écouter, on vous appelle pour vous féliciter, vous commencez à réaliser !

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Antivol… n’est plus au sol !

antivolQuand vous grimpez l’avenue de la Condamine à Corenc, si vous prenez le temps, levez le nez en l’air et vous remarquerez de drôles d’oiseaux colorés nichés en haut des lampadaires.

Je ne sais pas d’où ils viennent, s’ils migrent et que ce n’est qu’une étape pour eux, ou s’ils ont élus domicile ici. En tout cas ils me font sourire à chaque passage, me rappel ce pauvre Antivol, l’oiseau au sol qui a bercé mon enfance au creux de l’ile aux enfants ! Rose, Bleu, Jaune, Orange je n’ai pas noté toutes les couleurs, en tout cas merci à leur créateur !

Si j’en apprends plus sur lui, sur le pourquoi du comment, promis je vous tiens au courant !

Sur le chemin de l’école

EcoleN’hésitez pas à le prendre ce chemin ! Présenté comme un documentaire, ce film est plutôt un conte, quatre contes plus exactement. Un documentaire instruit, un conte propose une forme d’évasion, un message. Et ici chaque enfant nous raconte une histoire… Une histoire de courage, de ténacité, d’amitié, de solidarité, de fierté aussi. Que ce soit dans les plaines du Kenya où sur les contreforts de l’Atlas, que ce soit dans l’immensité de la Patagonie, ou sur les chemins du Bengale, chaque chemin nous présente un enthousiasme communicatif vers le savoir qui améliore les vies. Chaque jour, ou chaque semaine, ces enfants traversent des paysages époustouflant de beauté, mais semés d’embûches et de danger… Sans baisser les bras, avec persévérance, s’aidant les uns les autres, ces enfants parcourent des kilomètres, à pied, à cheval ou dans des véhicules de fortune avec la même soif d’apprendre. Tout se passe bien sur ces chemins heureusement, mais on imagine sans peine que cela pourrait être autrement.

Quand on voit les enfants bougons sortir des voitures le matin devant nos écoles de quartier, on a simplement envie de les emmener voir se film pour qu’ils mesurent leur chance d’avoir un accès si facile à l’instruction mais surtout pour qu’ils remettent un sourire sur le visage quand ils se rendent à l’école, aussi large que celui de ce jeune indien à la bouche édentée…

Tokyo

Il y a quelques mois, je vous avais parlé d’une rencontre où le hasard avait œuvré. J’avais évoqué ses escapades toxiques et ses pèlerinages urbains, mais surtout les images qu’il en ramène révélant un univers bien à lui.

Cette fois-ci il nous révèle Tokyo, nous ouvre des fenêtres sur cette ville pleine de paradoxes, une ville qui a capté son regard de photographe (entre autre !). Je ne connais ni le Japon, ni cette immense capitale mais j’ai l’impression d’y avoir fait un voyage en regardant cette exposition. Entre ombre et lumière, couleurs et nuances de gris, béton et plastique, néon et fil électrique, building et parc, métro et échangeurs, propreté et chaos…

Une belle invitation au voyage que vous pouvez admirer au Détour d’un déjeuner dans ce petit bistrot où on sait ce que accueil veut dire…

(Le Détour – 7 place Championnet  38000 Grenoble)

Et si vraiment vous ne pouvez-vous déplacer, alors je vous livre l’adresse où vous pourrez aussi admirer ces clichés.

http://www.archicom4.com/#!tokyo-concrete/c11xo

Bonne escapade !

Kawah Ijen

Encore un nom mythique de l’île de Java, extrémité est de son épine dorsale faite de plus de 40 volcans. Après notre ascension du Penenjakan pour admirer le mont Bromo au milieu du cratère de Tengger nous avons poursuivi notre périple. Sur la route, une étape bien appréciée sur la plage de Pasir Puthi pour un premier bain dans une eau délicieusement chaude et décorée de ces très beaux bateaux de pêche à balancier. Nous avons poursuivi jusqu’à Kebun Balaman, ancienne colonie hollandaise productrice de café où nous avons visité l’usine de traitement des cerises de café après un bain dans les sources d’eau chaude décontractante !

Après une courte nuit, nous avons repris une route plus que chaotique pour rejoindre le parking en bas du mont Idjen, aller à la rencontre des porteurs et des vapeurs de souffre. Là il faut poursuivre à pied et l’ascension qui nous attend est difficile : pentes terreuses et glissantes, labyrinthe de cailloux. Emmitouflés au départ nous ne tardons pas à nous réchauffer : la cote est raide ! Chacun monte au rythme de son souffle ou de ses genoux… Nous ne tardons pas à nous faire doubler par les premiers porteurs, fins et musclés. Ils grimpent le chemin rapidement leurs paniers calés sur la nuque, chaussés de botte en caoutchouc ou de tong. Le sourire aux lèvres mais les yeux rouges d’avoir trop respiré les vapeurs. Ils s’arrêtent volontiers pour un cliché en échange de biscuits, nous rajoutons nos dosettes de collyres précieusement apportées de France mais ce qu’ils demandent avant tout ce sont des cigarettes, comme si leur poumon déjà brulés par le souffre n’en avait pas assez !

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Conques, là où la lumière révèle

Nous ne l’avons pas abordée en pèlerins, ni en randonneurs, mais dans le flot automobile des touristes… et pourtant !

A peine entamée la promenade dans la rue qui mène à l’abbatiale, nous avons été saisi par l’étonnante harmonie du lieu, sa sérénité communicative. Au cœur du bourg médiéval étonnamment conservé, l’église trône et nous attire l’œil avec son splendide tympan véritable bande dessinée  du jugement dernier. Du parvis vous pouvez le contempler à loisir, détaillant les personnages, devinant leur histoire.

Conques

Puis laissez-vous attirer à l’intérieur de l’édifice. Etape spirituelle mais également architecturale, ce bijou de l’art roman ne laisse pas indifférent avec ses nombreuses sculptures romanes. L’unité de sa nef, étonnamment haute pour l’époque, mais étroite, vous force à lever les yeux vers la voûte en berceau. Tout porte au silence et à la contemplation, l’espace est magnifié par la lumière qui filtre des vitraux contemporains de Pierre Soulages. L’artiste rouergat a su s’effacer avec délicatesse par la sobriété de son travail, fait de ligne courbe et de verre opalescent jouant avec les éclats du soleil. Son œuvre magnifie la pureté de l’art roman partout présent, des piliers aux absidioles, de la nef aux collatéraux, des tribunes à la coupole révélant l’identité du lieu, le donnant à voir… Lire la suite

1Q84

d’Haruki Murakami

1Q84_Livre-1pChronique de l’année 1984 – référence au roman de George Orwell – où Aomamé et Tengo, les deux protagonistes du roman, expérimentent une réalité déformée.

L’une professeur d’art martiaux et thérapeute, l’autre professeur de mathématiques et romancier ignoré, ils mènent des vies solitaires jusqu’au jour où ils glissent chacun leur tour dans une réalité parallèle que Aomamé nomme 1Q84.

Pour Tengo ce sera la rencontre avec le manuscrit de Fukaéri, une superbe jeune fille de 17 ans dont il va prendre secrètement en charge la réécriture. Son univers va alors se transformer subrepticement… Pour Aomamé c’est la descente d’un escalier interdit…

Alors qu’ils se sont croisés enfants à l’école souffrant l’un et l’autre d’une histoire familiale oppressante, ils se perdent de vue et évoluent chacun de leur coté avec pourtant toujours en mémoire la petite fille ou le jeune garçon de 10 ans dont les mains se sont serrées un jour. Dès les premières lignes le décor est posé et l’intrigue vous saisit. On se laisse captiver par ces deux histoires parallèles, ou presque puisqu’elles finiront par se recroiser. Tous deux dans la maîtrise de leur destin, de leur corps et de leur pensée, leur morale désintéressée nous séduit dans un monde où la violence règne.

L’écriture d’Haruki Murakami est limpide, nourrie par des phrases précises où les détails sont toujours essentiels. Ces nombreuses références, qu’elles soient littéraires où musicales ne sont jamais gratuites mais révèlent la complexité des personnages et de leur vie intérieure, de leurs interrogations. Il décortique l’âme humaine et nous emporte dans ce voyage, parfois loufoque. A la limite du surréalisme, il en émane une poésie incroyable issue des images présentées d’une banalité quotidienne. Chaque personnage nous est rendu attachant, même l’affreux Ushikawa qui apparait dans le troisième livre. A la fois fantastique et incroyablement réel, ce récit onirique nous dépayse totalement, nous entrainant dans la magie de ces phénomènes inexplicables tout droit sortis de conte de fée. Les little people sorte d’elfes insaisissables jusqu’au bout restent un mystère, et on ne sait avec certitude s’ils sont bénéfiques ou maléfiques.

La lecture de ce roman fait partie de mes voyages de l’été… je me suis laissée porter par sa magie, me laissant simplement conter cette histoire à la limite du réel et de l’imaginaire où les personnages sont magistralement façonnés et incroyablement attachants ! Après avoir lu ce roman d’Haruki Murakami vous ne regarderez plus jamais la lune comme avant…