Yaël Naim… et le quatuor Debussy

Quelle belle coïncidence de démarrer l’année avec un concert de cette israélienne talentueuse et généreuse. Hier soir à la Rampe à Echirolles, un moment de pure magie où la Musique (oui avec un grand m) était reine, où l’émotion plus que palpable a emporté un public hétéroclite. Cette voix hors du commun dialoguant avec les cordes du quatuor, sans oublier l’étincelle magique de David Donatien qui accompagne la chanteuse, l’ « arrange » et la révèle dans toute sa plénitude. Intensité, complicité et sensibilité pour un concert d’exception donné par des artistes accomplis. Tous les instruments trouvent leur place, du xylophone au son clair au djembé au rythme endiablé, de la guitare au violoncelle, du piano au violon, de l’alto à la batterie… La rencontre du classique et de l’univers de cette artiste inclassable, où chacun sublime l’autre dans une alchimie exceptionnelle.

Malheureusement, c’était l’avant dernière date, la finale est ce soir à Porte les Valence, mais si vous avez l’occasion d’aller voir Yael Naim en concert courrez-y, avec ou sans le quatuor, je suis sure que vous passerez un moment musical inoubliable.

Israël

Encore une année riche en découverte même si je n’ai guère eu le temps de les partager ici…

Elle s’est terminé en beauté avec un merveilleux voyage en Israël. J’y suis partie comme pour n’importe quel voyage et en suis revenue complètement bousculée, transformée ! Ce pays est à voir, à vivre, absolument. Il nous ouvre les yeux sur notre monde, nous décode les tensions et les conflits, nous rappelle nos racines, notre histoire, nous plonge dans un monde plus que religieux, spirituel. En plus d’être beau ce pays, tout petit, concentre les difficultés de notre monde à vivre en paix mais révèle l’immense espoir des hommes (peut-être plutôt des femmes…) à y arriver. Dans ce petit territoire, on ne peut éviter de se « cogner » aux frontières, aux murs, aux barbelés. On passe du désert à la mer morte (drôle d’expérience de s’y sentir flotter), de la campagne au lac de Tibériade (qu’il est beau !), des églises au mosquée, des synagogues aux villes des croisées… Sans parler des rencontres humaines, riches et sincères. Et peut-être le moment le plus magique, dans une grotte, la nuit de noël !

J’espère vous avoir donné envie d’aller vous frotter à ce pays débordant de lieux « saints » pour toutes les religions monothéiste, et où l’on comprend vraiment ce que veux dire « nos racines judéo-chrétiennes ».

En attendant, je vous souhaite à tous, chers lecteurs, réguliers ou occasionnels, une très belle année 2017, où règne la paix et la sérénité.

Lanceurs d’alerte…

Voilà bien longtemps que je n’avais pas été au cinéma et en une semaine deux films « tsunami » !

moi-daniel-blakeDaniel Blake d’abord, qui remets sérieusement les pendules à l’heure sur la chance que nous avons, nous qui avons un boulot, un toit au dessus de notre tête, une santé pas trop fragile et de quoi manger le soir. Ce film nous parle de dignité humaine et d’absurdité administrative, de solidarité et de bêtise, d’amour et de détresse. A voir !

 

 

la-fille-de-brestIrène Frachon ensuite, magnifiquement interprétée par Sidse Babett Knudsen cette actrice danoise aux yeux limpides, qui relate la bataille de ce médecin qui n’a pas oublié que son métier est de sauver des vies et pas de s’enrichir, d’accompagner ses malades, de se battre contre le cynisme des laboratoires malgré la peur et les intimidations. Un peu cru parfois, quelques scènes médicales ardues, mais une bataille magnifique qui continue aujourd’hui.

 

Deux personnages émouvants que vous emportez avec vous en sortant de la salle et qui ne laisse pas tout à fait indemne !

Musée Aristide Bergès

Musee BergesSi vous êtes grenoblois et ne savez pas quoi faire lors d’un week-end pluvieux (ou pas 😉 !) allez visiter ce merveilleux petit musée incroyablement bien fait. J’ai vu l’affiche de l’exposition temporaire actuelle et son graphisme année 30 m’a séduite et donnée envie d’aller découvrir ce lieu encore jamais visité. Quelle lacune ! L’incroyable demeure d’Aristide Bergès, où plusieurs styles se côtoient, est un écrin somptueux pour découvrir l’histoire de cet ingénieur hors normes, du développement de la « houille blanche » et des papeteries de la région. Adossée à une muséographie très accessible, la visite de ce musée peut séduire tous les ages, chacun y trouvant de quoi alimenter sa curiosité. Étonnamment ce musée m’a remémoré la visite du Clos Lucé et la découverte des formidables machines inventées par Leonard de Vinci. On replonge dans l’effervescence de cette fin du XIX° siècle et du début du XX° où tant d’inventions virent le jour grâce entre autre à la force hydroélectrique développée dans la région. On découvre l’histoire de la vallée et son développement. On comprend le positionnement de l’agglomération aujourd’hui.

Une visite à la fois instructive et charmante, même si le mauvais temps nous a empêché de nous promener aux alentours… C’est sur nous y retournerons avec plaisir !

La caverne du Pont d’Arc

Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous avais parlé d’un voyage réalisé dans l’espace et le temps au cœur des grottes de Lascaux. Le souvenir de cette visite émouvante et marquante vient d’être comme balayée par une nouvelle expédition qui non contente d’avoir été émouvante par la beauté des œuvres d’art découvertes a été bouleversante par ces révélations. Sans parler de l’étroite proximité entre art et spiritualité, qui semble expliquer ces œuvres cachées éloignées des lieux de vie, on découvre que ces lointains ancêtres (36 000 ans avant nous !) sont finalement très proche que ce soit par leur physique, leur intelligence ou leur sensibilité. Ces Aurignaciens étaient finalement beaucoup plus « civilisés » que nos livres d’histoire nous le laissent croire et si l’un d’eux était parachuté à notre époque, nul doute qu’après un temps d’adaptation il s’intégrerait à notre société.

Chauvet

Mais revenons aux œuvres ! Ici aussi les artistes ont combinés leur art avec la grotte dans laquelle ils ont peint, jouant des reliefs et des contours naturels de la pierre. Mais le plus émouvant sans doute sont ces grands panneaux où se superposent les silhouettes d’animaux, où l’on sent la vie et le mouvement, devant lesquels on pourrait rester des heures à admirer lions, rhinocéros, mammouths, bisons, chevaux, cerfs… Le temps est compté malheureusement, les visites se succèdent, mais l’on ressort de cette descente au cœur de la grotte (et l’on oublie vite que c’est une merveilleuse reproduction) pas tout à fait indemne ! Je n’ose imaginer ce que donnerait une excursion dans l’original… Si un jour vous passer par là, surtout réservez un peu de temps à la visite de ce lieu merveilleux !

La grand-mère de Jade

la grand mere de jadede Frédérique Deghelt

Un livre emprunté par hasard, une histoire qui m’a emportée dès les premières lignes, un style fluide et léger.

Entre l’amour d’une petite-fille de 30 ans, un peu perdue dans un monde consumériste et zappeur, et une grand-mère aimante qu’elle va sauver de la mise en maison de repos, entre une lectrice accomplie et une écrivaine en herbe, entre un amour passionné de jeunesse et celui plus sage et prudent du grand âge, un livre comme je n’en avais pas lu depuis longtemps, une merveille ! Au fil des pages, on ne sait plus qui sauve l’autre, qui aide et prend soin, on se régale de l’écriture, on approche la sagesse de l’âge et la fraîcheur des découvertes de la jeunesse, sans opposition, sans conflit mais avec une curiosité mutuelle.

Une histoire que l’on voudrait vraie, un prologue que l’on voudrait ne pas avoir lu… Effectivement seul ombre au tableau de ce bel ouvrage, qui vous fait atterrir sans ménagement dans un monde cruel où on laisse seul les gens qu’on aime.

Franglish

d’Eric Lampaert

Un spectacle qui ne ressemble à aucun autre ! Une petite salle intime où vous avez l’impression d’entrer chez l’artiste, d’avoir été invité par erreur… ou par chance ! Un échalas à la crinière un peu folle commence une conversation avec le public pour partir dans des délires sans fin, à la limite de l’improvisation. Complètement déjanté, sautant de l’anglais au français, agrémenté de quelques autres langues, il nous emporte dans son univers où le rire est roi. Une heure quinze de fou rire en ce qui me concerne, et pas l’envie de quitter la salle quand il a décrété que c’était fini ! Pour ceux qui sont sur Paris, allez voir, c’est incroyablement décalé et vous ressortirez avec le sourire et l’impression d’avoir fait un footing tellement vous aurez ri ! Un artiste à suivre…

C’est là !