LA CAGE…

zurich_giacometti_2Giacometti à Grenoble !

Allez-y, courez-y, cette exposition vaut le déplacement…

Vous commencerez par voir cette boule, dont le mouvement imperceptible vous hypnotise, simplement suspendue au dessus d’un croissant, qui semble accompagné ce très léger mouvement de balancier. Installée dans sa « cage », dont la seule fonction n’est pas de porter l’objet, mais bien de lui définir un espace, une limite, à dépasser, ou pas, elle semble évidente, simple mais pourtant source d’imagination et de rêve…

Plus loin, vous vous laisserez impressionner par ce « Nez » qui pour moi tient plus du pistolet ou du moustique, et dont l’agressivité n’est pas sans lien avec ce percement de l’espace, du cadre, cet hors champ qui donne toute sa force à la légèreté de la « cage »…

En avançant encore, vous découvrirez LA Cage, où se côtoient deux personnages, un buste une silhouette, un homme une femme. Plus de suspension ici mais un ancrage au sol de la cage, un rapport d’échelle qui donne sa force à ce couple insolite, qui les met en scène, le regard porté au loin…

Mais là ne s’arrête pas l’exposition, même si la cage s’efface pour laisser place au socle, on la ressent encore dans les sculptures suivantes, ou homme et femmes gardent leur propre représentation, ces dernières se démultipliant, alignés comme les arbres d’une forêt, changeant d’échelle pour occuper l’espace malgré leur aspect filiforme.

Puis apparaissent les têtes, les profils devrais-je dire, tant il se découpe sur les mur blanc de l’exposition, avec puis sans socle, malaxé puis ciselé, d’inspiration croisée.

Et ne partez pas sans admirer la magnifique photographie d’Alberto Giacometti et d’Annette, sa femme, face à face, accroché par le regard… on sent comme un fil tendu entre ces deux êtres, l’espace qui vibre entre et autour d’eux comme pour chaque sculpture de l’artiste.

« Tout tient à un fil, on est toujours en péril… »

Alberto Giacometti 

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Pour la beauté du texte…

Hier, sortie en famille : théâtre. Une fois n’est pas coutume, il a fallu motiver ! Un argument de poids cependant pour y arriver, une valeur sure : Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand…

Quelques surprises cependant sur cette mise en scène de Dominique Pitoiset, sur ce Cyrano interprété par Thierry Torreton.

Cyrano

Pourquoi cette grande salle blanche pavée dont les néons aveuglent, ces tables et tabourets métalliques, ce juke-box, cet évier, ce placard à balai et ce fauteuil d’hôpital ? Pourquoi cette bande d’hurluberlus, en pyjamas, pieds nus, bourrés de tics ? Pas forcément le genre de décor que l’on imagine pour ce poème de cap et d’épée… Doit-on déduire que Cyrano n’est qu’un fou parmi les fous ? Mort dans son fauteuil avant même le début de la pièce, alors que le public intrigué se demande s’il est bien réel…

Mais finalement qu’importe ! Au fur et à mesure que les mots se placent, on se laisse prendre par la magie, tant ce texte intemporel caresse nos oreilles et on en vient à oublier ce drôle de décor qui finalement donne encore plus de force à ces tirades inoubliables, celle du nez d’abord, celle du baiser ensuite et puis celle de la chronique hebdomadaire de monsieur Hercule Savinien Cyrano de Bergerac se terminant sur son dernier souffle…

http://www.mc2grenoble.fr/mc2_programme_reservation/zoom.php?spec=1614

Escapade toxique

Le hasard fait si bien les choses !

Un échange, une discussion, une association d’idée et quelqu’un vous présente quelqu’un ! Au fil de la conversation vous vous rendez compte avoir quelques points communs… et puis c’est tout ! Sauf que… Imperceptiblement de petits signes vous ramènent à cette rencontre. A l’aide d’une carte de visite d’un drôle de format, vous allez vous promener sur le net, attrapant dans vos filets quelques images séduisantes… Et puis vous les partagez… Vous allez déjeuner au Détour d’un bistrot et vous retombez sur ces mêmes images, avec leur univers si particulier. Alors vous avez envie de les faire découvrir à d’autres !

Tout simplement, je vous propose une petite escapade pas si toxique que son nom l’indique pour admirer ces instantanés de paysage urbain abandonné.

« Suivre un pèlerinage urbain, c’est redécouvrir des lieux privés de sens et déshumanisés. » Thomas MANIAQUE

http://www.escapade-toxique.com/#!collections/c48u

Un peu de bois et d’acier

CHABOUTE

ChaboutéEt énormément de poésie ! Entourée de bédéphile, le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas une grande lectrice de ce genre d’ouvrage… Et pourtant, il arrive que l’on y fasse des rencontres hors du commun. Dans ce monde de bulle, j’ai eu un vrai coup de foudre pour cet auteur qui n’en met aucune !

A l’aide de son crayon et de sa plume, il révèle par une succession de dessin, simple en apparence, un panel d’émotion incroyable. Un peu de bois et d’acier, c’est l’histoire d’un banc public, où tout un chacun peut venir faire une pause, depuis les deux adolescents venus graver leur amour dans le bois jusqu’à cette dame qui lit, de ce couple âgé qui jour après jour vient y partager un gâteau au jeune garçon qui s’en sert de rampe de skate… Chacun l’utilise à sa manière, son rythme, selon ses besoins, du policier qui le surveille jusqu’à l’employé municipal qui l’entretien avec délicatesse.

Un lieu de rencontre, « un répit, un instant, une pause…un abri, un havre, un refuge…une scène…un carrefour…juste un peu de bois et d’acier » comme le décrit l’éditeur. Un réceptacle d’histoires et de sentiments, un lieu de mémoire auquel on s’attache jusqu’à le racheter à un brocanteur !

Histoire simple sans parole, qui sollicite notre imagination et nous laisse finalement attaché et ému par un peu de bois et d’acier !

Oscar et la courbe…

CathBrasilia« Un architecte doit savoir dessiner et écrire »

Oscar Niemeyer

Pour l’architecte que je suis, certaines villes sont mythiques et je rêve de les découvrir. Elles sont chacune indissociables d’un grand nom de l’architecture… Chicago, pour les maisons de Franck Lloyd Wright, Chandigarh, véritable expérience architecturale et urbanistique imaginée par Le Corbusier et Brasilia, enfin, dont les bâtiments phare ont été conçu et dessinés par Oscar Niemeyer, dernier à faire sa révérence…

L’architecture vient ainsi de perdre le dernier survivant des précurseurs de la modernité du XX° siècle, une de ses personnalités les plus emblématiques. Il a tout au long de sa longue vie (104 ans !) et sans relâche consacré son énergie à l’architecture, a toujours su utiliser les techniques modernes d’une façon créative et actuelle. Poète du béton, dont l’appétit pour la vie, la beauté et la justice, a fait de lui un architecte hors norme.

Alors qu’il se nomme Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, on le connait seulement sous ce nom de Niemeyer dont la consonance étonne pour ce brésilien amoureux des courbes de son pays, celles des montagnes de Rio, celles des cours des fleuves, celles du corps des femmes… Ces courbes libres et sensuelles que l’on retrouve dans son architecture. Il affirmait ainsi « l’architecture est faite de songes, de fantaisie, de courbes et de grands espaces libres (…) une manifestation de l’esprit, de l’imagination et de la poésie »

Et il est vrai que l’on s’évade rien qu’en regardant ses croquis au trait épais mais sûrs, d’une simplicité incroyable, et où pourtant figure toute la complexité du bâtiment futur.

Lascaux

On a beau en avoir entendu parlé depuis qu’on est né (ou presque !), avoir lu tout un tas d’articles et vu bon nombre de reproduction, lu « les enfants de la terre » de JM Auel en suivant Ayla dans toutes ses découvertes… On reste sans voix sous la voute peinte de ce chef d’œuvre ! Même si cette visite se mérite (il faut attendre, rentrer avec le groupe…) que c’est un fac-similé, une fois à l’intérieur vous oubliez tout. Le nez en l’air, vous admirez les peintures, époustouflé par la maitrise graphique, le trait, le « coup de pinceau ».

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