« La marche c’est le pied ! »

Le titre de cette journée d’étude organisée par l’Institut d’urbanisme de Grenoble, la METRO et le SMTC (Syndicat Mixte des Transports en Commun) m’a interpellée.

Effectivement sans pied on ne marche pas… Mais suffit-il d’avoir des pieds pour marcher ? Peut-on réduire le piéton à ses pieds ? Et si oui, comment expliquer que l’on marche cinq fois plus en centre ville qu’en périphérie, pour des distances équivalentes ?

La marche fait partie de l’Homme. Regardez les nouveau-nés qui ont ce réflexe. Chacun, à son rythme, réapprend à marcher et malgré tous les moyens de déplacement développer par l’homme, le pas reste la « métrique de l’humanité » (Jacques LEVY, géographe EPFL). Avec les progrès en vitesse de déplacement de nos trains et de nos avions, la marche à pied demeure au cœur de toutes les mobilités. Il suffit de parcourir les couloirs d’un aéroport international ou les quais de certaines gares pour en être convaincu.

Mais l’homme est un tout, et, quand il n’a pas de handicap, il voit, il entend, il sent, il ressent, il touche, il respire… Appareil multi sensoriel, le corps humain quand il marche ne fait pas appel qu’à ses pieds. Les distances ne sont pas les seuls critères pour marcher, la durée du trajet importe souvent moins que sa qualité et pour développer des villes « marchables » il est primordial de sécuriser, d’embellir, d’apaiser, d’humaniser enfin les trajets et ce pour tous les marcheurs. Il y a ceux qui sont dans la force de l’âge et ceux qui vieillissent, il y a ceux qui flânent et ceux qui sont pressés, ceux qui marchent légers et ceux qui croulent sous le poids de leur journée, ceux qui marchent seuls et ceux qui sont accompagnés… Soit une variété incroyable de marcheurs, chacun pouvant tout à tour être l’un d’entre eux.

Il faut également prendre en compte l’urbanité des lieux. Une étude montre que plus un lieu est « marché » plus il est dense et productif, Oxford Street à Londres étant le meilleur exemple. La marche n’est donc pas un mode de déplacement archaïque que quelques « écolos » voudraient remettre au gout du jour mais bien le cœur de toutes les mobilités et la plus publique qui soit. Sa valeur sociétale est majeure, la marche offre les frottements qui crée l’urbain, le lieu où on fait ensemble. Il faut donc traiter l’espace du piéton avec attention, le dimensionner à sa mesure car il peut devenir un facteur de transformation d’un territoire. L’entre-deux est souvent plus important que les points de départ et d’arrivée.

Et prenons la marche pour ce qu’elle est : une des fonctions vitales de l’homme, ni un sport, ni un remède à tous les maux mais bien une fonction intrinsèque du corps humain.

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À propos valeriethierry
Architecte Urbaniste Rédactrice, passionnée de voyages pour les découvertes qu'ils offrent, et nul n'est besoin de parcourir la moitié du globe pour s'évader... Un bon livre, une rencontre, un spectacle... Autant de fenêtre sur le monde à ouvrir !

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