06h41
1 mars 2015 Laisser un commentaire
C’es l’heure d’un train, d’un train qui emporte des provinciaux vers la capitale, des hommes et des femmes pas tout à fait réveillé qui s’y rendent pour un rendez vous ou une semaine de travail. L’heure du train aussi qui ramène vers Paris ceux qui s’en sont éloignés pour le weekend.
C’est dans ce train que se retrouvent côte à côte deux anciens amants, vingt sept ans après leur séparation. S’ignorant physiquement mais se rejoignant mentalement en revivant cette histoire. Étranges retrouvailles pas vraiment souhaitées mais troublantes pour l’un comme pour l’autre. Silencieux et confus, ils vont revivre intérieurement une partie de leur vie, de leurs choix, de leurs échecs et de leurs victoires.
On passe de la tête de l’un à celle de l’autre, des sentiments de l’un à ceux de l’autre. C’est bien écrit, fluide, sobre. Jean Philippe Blondel et sa plume nous font vivre ce huis clos, orchestrent les deux monologues qui se répondent : tension, rancœur, honte, frustration. Chacun se remémore un passé enfoui, s’interroge sur ses improbables bifurcations, laisse les souvenirs enfouis refaire surface et analyse les mutations qu’elle a provoqué dans leurs parcours respectifs. Le temps de ce trajet, coincé l’un à coté de l’autre dans ce train bondé, s’ignorant, on découvre ces deux êtres aux cheminements quasiment inverse.
On a l’impression d’être dans ce train avec eux et quand on aime voyager en train… Un voyage immobile et délectable (merci Corinne pour ce joli cadeau ! ;-)!).