Istanbul

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J’ai eu la chance de me rendre plusieurs fois dans cette ville tentaculaire, à trois saisons différentes, de trois manières différentes. Ma première visite porte le souvenir grisâtre de la neige sale et du froid. En plein mois de décembre, quelques jours avant noël, c’était assez étrange de se retrouver dans cette ville de mosquée, loin de l’effervescence européenne de consommation qui marque cette période. Logés à deux pas de la mosquée bleue, nous pouvions venir nous réfugier dans notre chambre pour nous réchauffer régulièrement. La lumière pale de décembre ne donnait pas le relief attendu aux monuments et les promenades dans la ville n’avaient pas le charme d’un pays du soleil… Mais la splendeur intérieure des édifices étaient bien là !

Ma deuxième visite s’est faite au printemps, sous un soleil tempéré. Depuis l’aéroport, il me fallut affronter la marée automobiles pour rejoindre le centre-ville, deux heures à rouler au pas dans ce taxi pourtant habile à gagner chaque centimètre possible ! La ville complètement engorgée en cette fin d’après-midi m’a donné une image chaotique, bruyante, oppressante parfois. Au beau milieu des voies expresses slalomant entre les véhicules des vendeurs de tous âges proposaient des fleurs, des mouchoirs en papiers, des stylos, de l’eau, respirant à plein nez les gaz d’échappement, risquant à chaque instant de se faire renverser. L’hôtel enfin atteint un semblant de calme est revenu, même si ce qui m’a le plus frappé lors de ce séjour est la circulation incessante et encombrée, le bruit, l’agitation permanente. Enfin rien de moins étonnant pour cette mégalopole de 14 millions de personnes ! Pourtant, la végétation partout présente et odoriférante, eucalyptus, roses, arbre de Judée, donnait un tout autre charme à la cité. Mes promenades en solitaire m’amenèrent sensiblement aux mêmes endroits que quelques années auparavant et pourtant la lumière de ce mois de mai donnait un tout autre visage aux monuments.

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Mais c’est la troisième de mes visites qui m’a définitivement réconciliée avec la ville. Arrivée cette fois-ci en bateau, longeant avec lenteur et dans le calme, la colline où siègent la mosquée bleue, sainte Sophie et le palais de Topkapi, admirant de loin les merveilles architecturales avant de s’en rapprocher, accostant en plein cœur de la ville, débarquant à pied pour flâner vers les lieux emblématiques sous un soleil estivale, elle m’est apparue telle qu’on la décrit souvent : fière et majestueuse, dominant la corne d’or.

A l’entrée du Bosphore, la ville révèle d’un coup d’œil son riche passé, les coupoles ponctuent la ville, les murailles apparaissent.

Bien sûr quand on évoque Istanbul, on pense au grand bazar, site labyrinthique où règnent couleur et artisanat, contrefaçons aussi, où l’on vous embarque dans les arrières boutiques, vous offrant un thé à la pomme pour mieux négocier et vous vendre tapis et cuir. On ne peut aller à Istanbul sans parcourir ce lieu mythique même si d’aucun trouveront les boutiques banales et faites pour le touriste, cela reste un lieu incontournable.

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Mais il serait très réducteur de s’arrêter là. Le parcours obligatoire comprend la mosquée bleue, dans laquelle il faut entrer en silence, à pas feutrés sur l’épaisse moquette pour se laisser impressionner par la hauteur des lieux et les couleurs vives des céramiques d’Iznik, bleues bien sûr mais également vertes, les lumières tremblotantes et les hommes en prière. Selon l’affluence et les heures de prières, le parcours est plus ou moins balisé, mais si vous pouvez ressortir par la porte centrale et vous posez quelques instants dans la cour, ébloui par la blancheur de la pierre, les minarets et les coupoles se détachant sur le ciel, faites-le, la fraîcheur des lieux, quelle que soit la saison, vous ravira. Puis ressortez vers l’agora, longez le charmant hammam de Roxelane, pour aboutir à l’immense Sainte Sophie. D’abord église deux fois brûlée, puis basilique byzantine majestueuse dédiée à la Sainte Sagesse, et enfin mosquée au XV° siècle, modèle impressionnant d’architecture religieuse. Aujourd’hui désacralisée et transformée en musée, on traverse un jardin pour l’atteindre, entrer par le vestibule avant d’être avalé par l’espace de la basilique surplombé par cette gigantesque coupole légèrement oblongue. Une fois-là, laissez vos pas vous mener où bon leur semble pour aller admirer les merveilles de ce lieu en particulier les très belles mosaïques.

Cette visite achevée, même si l’on peut y venir trois fois et être encore surpris ( !), vous pourrez aller parcourir les jardins et le palais de Topkapi, véritable morceau de ville étendu sur le promontoire de la colline et offrant une vue en son extrémité à la fois sur la Corne d’Or et le Bosphore. Vous y apprécierez, en plus de la richesse des collections et des bâtiments aux toits surplombés de coupoles et de multiples cheminées, la fraîcheur des jardins où il fait bon se reposer.

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Il vous faudra aussi grimper un peu plus haut, sur une autre colline, pour aller admirer le complexe de la mosquée de Suleyman le magnifique, un des chefs-d’œuvre de l’architecte de génie qu’était Sinan. Un peu plus restauré à chacune de mes visites ce lieu possède la magie des grandes architectures : l’esplanade, le jardin, la mosquée, le grand Dôme et ses petits frères, les minarets, le caravansérail, les medrese (écoles coraniques), les mausolées se côtoient avec harmonie. On ne peut qu’être impressionné par la majesté des lieux et la blancheur de la pierre.

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A ne pas manquer non plus le marché des épices aux couleurs et aux odeurs envoûtantes, la petite mosquée Yeni Cami autour de laquelle une foule dense circule du matin au soir, le pont Galata, à traverser à tous les niveaux, en bas pour faire une halte sur la terrasse d’un des restaurants proches de l’eau, en haut pour observer les pêcheurs alignés d’un bout à l’autre. Sur l’autre rive, grimper en haut de la tour Galata, donjon de l’ancienne ville fortifiée, qui vous offre 53 mètres plus haut un panorama extraordinaire, puis flâner dans les rues environnantes, chacune dédiée à une catégorie particulière d’articles : ici des lampes, là de la quincaillerie, plus loin des meubles… La plupart des rues commerçantes d’Istanbul sont ainsi organisées.

Bien sûr vous n’aurez pas encore tout vu de cette ville démesurée, si le temps vous le permet faites une balade en bateau sur le Bosphore pour aller admirer les palais qui le borde, passez côté asiatique pour découvrir un tout autre visage de la ville, sortez des sentiers battus pour découvrir ces nouveaux quartiers qui poussent à une vitesse folle. Vous commencerez alors à mieux comprendre cette ville qui fourmille !

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À propos valeriethierry
Architecte Urbaniste Rédactrice, passionnée de voyages pour les découvertes qu'ils offrent, et nul n'est besoin de parcourir la moitié du globe pour s'évader... Un bon livre, une rencontre, un spectacle... Autant de fenêtre sur le monde à ouvrir !

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