Tallin

Cette fois nous avons traversé la mer Baltique… fendant l’eau grise pour passer de l’autre côté et visiter le plus petit des pays baltes. Aborder un pays par la mer a un charme particulier. La vue d’ensemble, peu à peu rétrécie, l’aperçu général de la silhouette de la ville, l’accostage en douceur, et tout de suite les premiers pas dans la cité, le contact physique avec les pavés.

Tallin domine de sa colline cette mer par laquelle elle vit, qui la relie indubitablement aux pays scandinaves. Ses rues pavées et ses demeures moyenâgeuses, astucieusement mises en valeur par les habitants, offrent au touriste le charme désuet d’un voyage dans le temps. Nous avons finalement sauté dans un tramway bringuebalant pour rejoindre notre hôtel, blotti au calme et pourtant à deux pas de la place de l’hôtel de ville. Installé dans les murs même d’un banque construits en 1912, il a l’élégance et le raffinement d’une autre époque, marqués par le confort de ses moquette aux dessins incroyables : ligne, rayure, fleurs et motifs en tout genre donne à l’ensemble une ambiance feutrée… Nous pourrons sans souci arpenter la ville, notre refuge est propice au repos !

Quoi de mieux pour prendre la mesure de la ville que de grimper au sommet de la colline de Toompea pour l’admirer d’en haut, voir son tapis de tuiles rouges, ses clochers pointés vers le ciel, sa ceinture de fortifications, son port bien sûr… et au loin ses rues plus modernes s’étendant aussi loin que porte le regard. Nous avons pris le temps de flâner dans le dédale de rues et ruelles à l’atmosphère médiévale, admirant les façades, les portes sculptées et les détails amusants d’une époque révolue, nous laissant porter par notre curiosité, sans ordre ni préméditation. Nous sommes revenus vers la cathédrale orthodoxe dont l’architecture imprègne le ciel de Tallin, nous avons admiré l’intérieur boisé de l’église Sainte Marie et nous sommes redescendus vers l’hôtel de ville, édifice gothique qui trône sur une place animée par les terrasses et les échoppes. Nous nous sommes assis à une terrasse pour déguster la bière locale, profitant du doux soleil printanier qui donne aux journées une durée alanguie…

Mais Tallin n’est pas que cet ensemble médiévale, la modernité y a sa place. Sautant de tram en tram, nous avons quitté la vieille ville pour visiter les quartiers administratifs d’abord, ceux de Kadriorg, avec son parc, ou Pirita, pour admirer le socle de la flamme olympique… puis ses banlieues plus lointaines, immeubles alignés à l’architecture soviétique où on sent bien que l’économie florissante révélée par les grosses berlines allemandes et l’activité intense du centre, ne peut cacher un fossé entre ceux qui ont su profité du développement rapide du pays depuis son indépendance et son entrée dans l’Europe, et ceux qui en souffre, révélant une société à deux vitesse, dans un climat social parfois tendu…

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À propos valeriethierry
Architecte Urbaniste Rédactrice, passionnée de voyages pour les découvertes qu'ils offrent, et nul n'est besoin de parcourir la moitié du globe pour s'évader... Un bon livre, une rencontre, un spectacle... Autant de fenêtre sur le monde à ouvrir !

One Response to Tallin

  1. WebOL says:

    Tallin ?

    Le regard de Luc est vague, encore plongé dans le rythme du film Goodbye Lenin qu’il a vu à Berlin voici peu et des planches photos d’un autre monde qu’il a étudiées à l’agence il y a quelques jours à peine.

    En filant vers l’hôtel, il suit le vert, le gris et les tâches de couleur des nouveaux magasins et des stations services. Le trolley cahote un peu, les trains roulants ne doivent pas être plus récents que la carrosserie, porteuse d’une autre époque.

    Il avait dit à tout le monde qu’il cherchait le repos après avoir tant voyagé, tant écrit de notes pour le journal, tant d’étiquettes renseignées pour le labo photo (encore que le numérique déplace les inscriptions pour repérer le flot des images). Luc connaît des écrivains qui voyagent avec un carnet pour voir/écrire autre chose que leur plat coutumier. Il se voit l’inverse d’Alice qu’il connaît bien. Il garde deux appareils en voyage, le petit pour la discrétion et la rapidité -tel le carnet noir d’Alice qui pourrait tenir dans sa main- et un Reflex argentique qui lui permet de laisser les batteries à la maison (ou en voyage payé par quelqu’un d’autre, par l’agence qui le fait vivre) -pour Alice ce serait un plus grand carnet presque un cahier; elle laisserait elle l’ordinateur portable, le doux clavier du Mac et l’écran à la maison-. Bref, Luc a ses outils de vacances : il parcourt le monde léger.

    (…)

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