Alexandre Hollan

Encore un coup de cœur ! Entraînée par une amie, (j’avoue je n’avais jamais entendu parlé de ce peintre !) je suis allée voir l’exposition « 30 ans de vies silencieuses » au musée Hébert de l’autre côté à La Tronche.

Courez-y (pour ceux qui peuvent !) même si l’exposition dure jusqu’au 3 novembre car vous aurez surement envie d’y retourner ! Les aquarelles sont incroyables. Rien d’évanescent ici. De la couleur, de la matière, de la lumière. Ces vies silencieuses -natures mortes bien vivantes !- vibrent. le papier a été caressé, frotté, lissé. On sent le travail patient de l’artiste, son regard posé sur les choses, la recherche de la lumière dans la couleur. Les formes s’effacent pour révéler l’oeuvre. On ne fait que deviner le fruit, le vase ou la bassine percée, on s’approche pour scruter le grain ou la trame du papier, on s’éloigne pour englober la composition, on se recule encore pour se laisser porter par la magie et la beauté de ces peintures. L’art contemporain oublie souvent l’art de peindre au profit de concept parfois obscur au spectateur non averti. Pourtant la peinture a encore beaucoup de choses à nous dire… Ici il suffit de regarder, d’admirer.

Si vous avez un peu plus de temps, écoutez l’artiste parler de son regard. L’homme semble doux et humble (il l’est surement !) Sa voix au léger accent (né hongrois il vit en France depuis presque 60 ans) explique avec patience le genèse de ses œuvres. On sent le travail sous-jacent à chaque oeuvre. On le voit manier le pinceau, le fusain, la gomme. On admire sa main qui passe et repasse pour révéler ce que les yeux ne voit pas. Et on aperçoit une autre période de son oeuvre : les arbres. Prenez encore quelques minutes pour traverser et allez au deuxième étage de la maison en admirer quelques uns. Vous verrez que le noir est couleur !

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